L'Algérie de plus près

Chroniques

Rendre l’ordinaire extraordinaire
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Rendre l’ordinaire extraordinaire

Par Hamid Dahmani Dans cette existence méli-mélo, la vie est un cadeau extraordinaire et la mort un fait ordinaire de fin de vie. La dimension du monde est extraordinaire dans sa conception. Par contre, dans les bleds figés dans le temps, elle reste un lieu ordinaire. Tout ce qui est gigantesque et éblouissant dans l’existence attire l’esprit et l’envie. On se demande pourquoi on ne veut pas rendre notre ordinaire extraordinaire dans ce vaste territoire. Pourtant, c’est si facile de sauter de l’ordinaire vers l’extraordinaire. Il suffit d’ajouter un seul petit mot de cinq lettres comme « extra » et nous y sommes « ki h’na ki ness » (comme les gens du reste du monde). L’endormissement est un fait divers et une passion ordinaire chez les gens mous. Le travail e...
Pas de bol !
Chroniques, Sans catégorie

Pas de bol !

Par Hamid Dahmani Il y a un proverbe du bled qui dit de quelqu’un qui est malchanceux et qui cumule les échecs : « Celui-là, même si on l’envoyait à la mer, il la trouvera asséchée ». En arabe darija : « Hadhak irouh lelb’har isibou nachef ». Quand les malchanceux sont résignés et abattus, ils renoncent à leurs objectifs et abandonnent faute de pouvoir faire face au destin et à la déception. La chance et la malchance sont deux événements opposés dans la vie. Avoir de la chance, « z‘har », est une aubaine bienheureuse. Etre malchanceux, ou avoir de la poisse, « mek’houss », est une infortune qui afflige l’individu. Dans un autre proverbe « chanceux », on dit : «El k’raa el merzouk, djih el naala men fez ». En arabe : « La chanc...
Le diable se fait vieux
Chroniques

Le diable se fait vieux

Hamid Dahmani Les gens les plus avertis disent que lorsque le diable fait sa tournée dans la rue, il monte toujours son âne en compagnie de ses petits pour se promener au milieu des mortels trop distraits. Aussi et à chacun de ses passages sur les dos d'âne qui le ralentissent sur les voies urbaines ou sur les sentiers ruraux, il y a toujours un diablotin qui dégringole de son « chouari » et qui se faufile au milieu de la foule à cause des secousses qui agitent les deux grands couffins attachés au bât de l'âne. Chuter du « chouari » de sa majesté le diable, signifie la fin des études pour l'élève après l'obtention du diplôme de la tromperie pour le disciple qui s'est perfectionné auprès de son géniteur. Lorsque le moment du « sevrage » arrive pour les petits diables, ils sont lâchés ...
Au début, ce n’était qu’un un simple jeu
Chroniques

Au début, ce n’était qu’un un simple jeu

Par Ali Dahoumane C’est un jeu qui nous calme et apaise nos esprits. Des fois, on atteint une forme d’ataraxie qu’on ne peut guère atteindre dans aucune autre circonstance. Il nous fait rêver et nous fait presque oublier que le prix de la pomme de terre est fou et qu’il ne cesse de monter, il nous permet d’oublier que le lait et l’huile sont indisponibles. Grâce à lui, la pauvreté, le chômage, la mal-vie et la cherté de vie n’ont aucune importance car ce qui compte le plus c’est de voir la balle franchir la ligne de but de l’équipe adverse. Durant la partie, il fait sortir de nos entrailles des cris de joie et de colère insoupçonnables. Il nous procure du bonheur et nous fait sentir qu’on est les meilleurs. Telle une fusée, il nous propulse au sommet du monde et nous permet de narguer l...
LA VALLEE DU CHELIF ACCUEILLE LA LITTERATURE ALGERIENNE
Chroniques, Culture

LA VALLEE DU CHELIF ACCUEILLE LA LITTERATURE ALGERIENNE

OEUVRES EN PARTAGE : LE RECUEIL DE JACQUELINE BRENOT                     PAR DJILALI BENCHEIKH Notre ami et confrère Djilali Ben cheikh nous a quittés aujourd'hui. L'écrivain et journaliste originaire d'El Attaf avait 80 ans. Voici un article qu'il a publié sur le journal Le Chélif à la sortie du premier recueil de chroniques littéraires de Jacqueline Brenot. Les Presses du Chélif inaugurent leur parcours éditorial avec une œuvre originale, vivante et multiple consacrée à la littérature algérienne et à ses diverses vibrations. Ces « Œuvres en partage »- le titre du recueil- on les doit à Jacqueline Brenot qui est devenue incontournable au Chélif depuis quelques mois. Écrivaine et plasticienne, l’ancienne prof a irrigué régulièrement l’hebdomadaire de ses chroniques litté...
Les vieux sont impitoyables… et pas très commodes !
Chroniques, Sans catégorie

Les vieux sont impitoyables… et pas très commodes !

Par Hamid Dahmani « Âand echib, yaqwa el îib » (avec les cheveux blancs, s’accentue le cynisme). Cette vieille expression populaire est utilisée couramment dans notre pays. On raconte qu’une fois un sexagénaire s’était remarié une seconde fois pour prendre une deuxième femme (zawdja) tout en gardant la première. Aussi, pour être juste et équitable envers ses deux épouses, notre bienheureux bonhomme partageait ses nuits entre les deux foyers. Lorsqu’il se rendait chez la jeune épouse (lemra s’ghira), cette dernière le prenait dans ses bras et lui enlevait avec ses petits doigts fins, les cheveux blancs, signe du vieillissement, qui avaient envahis et blanchis toute la chevelure de son conjoint. Et quand il revenait auprès de sa vieille épouse (laâdjouza), elle le prenait aussi ...
« Kount b’iid! »
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« Kount b’iid! »

Par Hamid Dahmani Cela s’est passé dans une ambiance bon enfant, dans un café populaire de la ville où nous étions rassemblés au beau milieu d’une djemaa noyée dans la fumée de tabac et le brouhaha intense digne d’un souk hebdomadaire. On était bien attablé, avec beaucoup de « machroubetes» chaudes et fraiches et la discutaille allait bon train dans le rire jusqu’au délire. Tandis qu’un groupe produisait de la parlotte futile, d’autres avaient l’esprit ailleurs et les yeux rivés sur leurs Smartphones, ils semblaient être captivés par le sorcier du Net. Tout le monde causait d’une voix appuyée et forte pour que l’on puisse s’entendre clairement. Chacun parlait comme il pouvait, et le plus gros de la discussion reposait essentiellement sur la CAN 2024, la retransmission des matchs et...
Le blanc n’est pas tout blanc
Chroniques

Le blanc n’est pas tout blanc

Par Hamid Dahmani Dans la nature qui nous entoure, il y a un mélange de couleurs qui donne de l'éclat à la vie. De belles tonalités végétales et minérales qui rayonnent sur notre quotidien et qui ont une signification particulière dans la vie des humains. Il y a les couleurs de la vivacité et de la liberté, les couleurs sombres et mélancoliques du chagrin, les couleurs de la joie, du bonheur et du bien-être. Et parmi toute cette myriade de couleurs, il y a le teint blanc. Un coloris qui signifie dans notre langage la pureté et la propreté. Une couleur dominante qui s’est fait une histoire au fil du temps. On se rappelle, il était une fois, une race dite blanche qui se prétendait suprême par rapport aux autres couleurs de la planète. Le blanc s'est toujours prévalu supérieur aux autres c...
Société, anarchie ou «folie collective»
Chroniques

Société, anarchie ou «folie collective»

Par Mohammed KOULAL* Une société qui ne discerne pas les valeurs et les actions qui lui servent de motif pour évoluer est une société qui stagne. En violant les règles morales, elle se décompose. En restant passive devant les événements, elle ne pourra prévoir un avenir devant lequel elle se sentira impuissante et pessimiste du fait qu’elle subit la vie et donc incapable de la dominer. Cette société « râle » et n’agit pas. Par contre, une société responsable, animée par une réelle démarche citoyenne où l’intellectuel est entendu pour un monde meilleur et juste, est de ce fait dynamique, engagée et enthousiaste. C’est sur les instigateurs d’un monde meilleur que la société doit compter et qui sont les seuls capables de porter le poids des problèmes et résoudre les difficultés enracinés d...
Les gens de mon douar
Chroniques

Les gens de mon douar

Par Hamid Dahmani Mon douar est un minuscule village perdu dans les méandres de l’isolement et de l’injuste oubli. Ma bourgade poussiéreuse est méprisée, parce qu’elle n’a pas de véritables tuteurs qui la défendent. Elle étouffe depuis des lustres du déficit de projets concrets et des inégalités sociales. L’injuste déséquilibre imposée par le système l’a écartée des grands projets de modernité urbaine. Pour faire taire les voix, on a construit hâtivement des cages dortoirs tout autour de mon douar, qui ont détruit tout le beau paysage d’antan, et puis, ils les ont distribuées avec le tintamarre populaire habituel. Ces extensions immobilières ont, au contraire, saturé la fluidité de la circulation et causé beaucoup d’autres contraintes au bien-être urbain. Cela fait des décennies enti...