L'Algérie de plus près

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Le métier à tisser ? C’est du passé !
Société, Terroir

Le métier à tisser ? C’est du passé !

Le tisserand est plus un artiste qu'un artisan. Son nom vient du verbe tisser, confectionner des habits pour les hommes et des pièces de tissu destinées à la décoration. Pendant des générations, le tissage a été une des principales occupations de la femme algérienne. Rurale ou citadine, elle confectionnait des couvertures, des étoffes de laine blanche (haïk), des ceintures multicolores pour le mariage de ses filles, des petits châles rectangulaires, des vêtements masculins, des "kachabias" à capuche et des burnous ainsi que d'autres pièces de tissus destinées à orner l'intérieur des maisons, comme les tapis, les carpettes etc. Tout était fait par des mains adroites et assidues. La jeune fille apprenait les secrets de l'art de tisser dès son jeune âge. Le tissage, la broderie et la pote...
« Quand le sloughi fait pipi »
Terroir

« Quand le sloughi fait pipi »

« L’envie d’uriner ne vient au sloughi (lévrier) qu’au moment de chasser », dit-on dans un proverbe arabe ironique qui provient de notre riche terroir. Une expression burlesque qui fait allusion aux simulateurs et ceux qui s’esquivent pour échapper aux corvées et autres besognes fatigantes. Et devant ce fait accompli, on interpelle les personnes visées par l’expression suivante : « Hadhak daymen djih el boul fe wakt syada ! » (Celui-là, l’envie d’uriner lui vient toujours au moment de chasser) pour signifier qu’on a compris son manège et qu’il n’essayer pas de la jouer en se faufilant pour se dérober malicieusement de ses obligations. Les tire-au-flanc, les bon-à-rien, les fainéants sont les meilleurs frimeurs et représentants du « sloughi » dans leu...
Il était une fois la tonte des moutons
Terroir

Il était une fois la tonte des moutons

La tonte des moutons est une pratique qui remonte à une époque très ancienne. Le mouton est tondu pour sa laine mais aussi pour améliorer sa robustesse selon la science. Au mois d’avril, les éleveurs affûtent leurs forces à tondre, un outil à ressort et à deux lames se chevauchant et qui tient lieu de tondeuse. La tonte des moutons s’effectue, généralement, durant la période s’étalant de la deuxième quinzaine du mois d’avril et la première moitié du mois de mai, vers les coups de 11 heures, après le retour du troupeau des pâturages. Le berger, faut-il le rappeler, conduit son troupeau dans la prairie vers six heures du matin pour le faire rentrer quelques heures plus tard. Au retour, les béliers et les brebis objet de l’opération de la tonte, trouvent le tondeur à leur attente. Les a...
Miloud Bernaoui : la légende du cyclisme de Khemis Miliana
Histoire, Terroir

Miloud Bernaoui : la légende du cyclisme de Khemis Miliana

Né le 4 mars 1911, à Khemis Miliana, Miloud Bernaoui était l'un des cyclistes les plus réputés durant les années vingt, trente et quarante, en tant que sprinter notamment. Il décrocha moult titres et prix ainsi que le surnom de « chasseur de juin ». Le récit qui suit a été soigneusement rédigé par Mme Karima Bouachri et corrigé par Mlle Valentine Dufour d'après le journal intime du champion Miloud Bernaoui.* Tout débuta pour Bernaoui, à l'orée des années vingt, lorsqu'il avait à peine une dizaine d'années. Aussitôt la classe terminée, il se ruait sur la bicyclette de son frère, sautant son goûter et ses devoirs scolaires, se hissant sur le cadre trop haut pour lui, atteignant difficilement les pédales. Et le voilà parti pour Lavarande (Sidi Lakhdar), à 5 kilomètres d'Affreville (Khemis ...
Cheikh Abbès Lasnami : le chantre oublié du bédoui
Culture, Terroir

Cheikh Abbès Lasnami : le chantre oublié du bédoui

Cheikh Abbès Ahmed ben Mohamed est un artiste-musicien du genre bédouin, natif de la ville de Chlef, Il était connu dans le milieu artistique bédouin sous le nom de "cheikh Abbès Lasnami."C'était un personnage très respecté par la population de Chlef pour sa modestie et sa gentillesse ainsi qu'en témoignent toutes les personnes qui l'ont approché de son vivant. Cet artiste, au talent inné dans le genre bédouin, a connu très jeune ses moments de gloire et de grandeur pour son interprétation de ce style musical qu'il maitrisait parfaitement. Avec brio, il exécutait les morceaux les plus compliqués du répertoire bédouin lequel s'inspire de la poésie populaire algérienne. Cheikh Abbes a chanté des airs et des mélodies populaires à travers un répertoire bien fourni et bien pensé dans l'art musi...
Un café bien serré au numéro 7
Terroir

Un café bien serré au numéro 7

Par Hamid Dahmani Le numéro « 7 » est une adresse d’un estaminet sis Rue des Martyrs, au cœur de la ville de Chlef. C’est un petit café convivial qui réunit chaque matin ses habitués à partir de 7 heures du matin autour du comptoir et sur le trottoir d’en face. Éparpillés par petits groupes, sous l’ombrage des ficus, distanciation Covid-19 oblige, ils dégustent qui son café serré, qui son thé à la menthe. Et comme chaque jour qui se lève, le proprio de la cafétéria ne baisse pas la garde en ces temps où les mesures sanitaires sont de rigueur dans ce lieu public fréquenté à longueur de journée. Ainsi, le flacon de gel est sur les tables et le comptoir, à la portée du client. Ainsi, c’est dans une ambiance amicale que les consommateurs se bousculent à l’intérieur de ce débit de boisso...
Le gentil âne et le paysan avare
Terroir

Le gentil âne et le paysan avare

Par Hamid Dahmani Dans le journal colonial le "Moniteur de l'Algérie" du 18 juillet 1875, dans la colonne des faits divers, on rapporte que, dans le faubourg de Bab El Oued, un mozabite, conducteur d'un bourriquot, frappait son animal avec un bâton se terminant en pointe de lance. Le sang jaillissait des blessures nombreuses qu'il faisait à la pauvre bête en lui enfonçant cet instrument aigu dans la chair. La matraque était toute couverte de sang et les spectateurs de cette scène sauvage étaient indignés. Un agent de police qui était sur les lieux a voulu intervenir pour mettre un terme à cette brutalité. Mais le mozabite refusa d'obtempérer prétendant que le bourriquot était sa propriété et qu'il était libre de le maltraiter comme bon lui semblait. L'agent intima l'ânier d'arrêter ...
Sidi Ahmed Assas, un saint thaumaturge qui force le respect
Terroir

Sidi Ahmed Assas, un saint thaumaturge qui force le respect

La région du centre-ouest abrite de nombreuses koubbas, cénotaphes et mausolées construits en hommage aux saints et thaumaturges ayant contribué à la propagation de la foi musulmane en Afrique du nord. Si l’histoire de certains de ces walis a été consignée dans des ouvrages de référence, parchemins et autres manuscrits jalousement préservés, des milliers d’autres n’ont pas eu cet honneur. Transmise oralement, leur biographie a subi des déformations qui ne permettent ni de situer à quelle époque ils ont vécu ni ce qu’ils nous ont légués comme enseignements religieux. De passage à El Kherba, nous avons essayé d’en connaître davantage sur le wali «Sidi Ahmed Assas» dont on peut apercevoir la koubba blanc et vert sur la colline faisant face au village. Nous avons à ce propos interrogé Torch...
Terroir

Les fêtes religieuses entre hier et aujourd’hui

B’chir Tahar wa Ahmed Les fêtes religieuses entre hier et aujourd’hui Par Khaled Ali Elouahed «Je me souviens comme si cela datait d’hier». J’emprunte souvent cette expression à l’écrivain Mouloud Féraoun. Elle sied beaucoup à la situation décrite ci-dessous. Je vais essayer de vous décrire le Mouloud Ennabaoui d’autrefois comme je l’ai vu et vécu, c'est-à-dire avec les yeux d’un garçon des années soixante, sans utiliser les grands mots de la théologie islamique de l’évènement. Quelques jours avant l’Aid, c’était la phase des grands préparatifs. Riches ou pauvres, la question lancinante des adultes était comment subvenir aux besoins de la fête du Mouloud. Presque tous les algériens de l’époque recouraient  à la «Souika», le marché de la veille de tous les aïds religieux po...