L'Algérie de plus près

Chroniques

Tourner en rond
Chroniques

Tourner en rond

Par Hamid Dahmani Les tours gigantesques, les bâtiments luxueux, les jardins et toutes autres infrastructures qui sortent de l’ordinaire ont toujours servi de points de repères : ça permet aux égarés de la cité de se situer dans l’agglomération et ça fait aussi le sujet des cartes postales et autres photos souvenirs de voyage. Car, de nos jours, pour s’orienter et trouver son chemin, une place ou un endroit dans le tumulte de ce nouveau tissu urbain, il faut des repères aux gens perdus dans ce bled inconnu ou méconnu. Les points de repères majestueux, comme les gratte-ciels, les cinémas, les piscines, les théâtres et, surtout, les librairies et les jardins sont des issues de secours pour sortir du marasme du tourner-en-rond dans les amas de béton. Avant les séismes dévastateurs ...
Voraces comme des boas
Chroniques

Voraces comme des boas

Par Hamid Dahmani Quand les temps sont maigres et qu’il n’y a rien à se mettre sous la dent, on se suffit de pain rassis et d’un petit chouia d’eau en attendant la providence… Et quand les jours sont fastes, c’est la bombance chez dame panse qui subit l’envie de la surabondance. Comme chaque jour qui se lève, les boyaux ronronnent et crient famine à qui peut bien les entendre et les comprendre à l’heure des braves. Ceux qui ont un gros creux dans le ventre ont l’estomac dans les talons. Et ceux qui sont rassasiés ont la bedaine qui pend jusqu’aux genoux. Quand la grande faim frappe à la porte, on sait que cela va barder « fel couzina ». Il y a un proverbe culinaire qui dit : « Aala kerchou yekhli aarchou » (pour assouvir son ventre, il est prêt à décimer sa t...
Nous n’irons pas à Canossa
Chroniques

Nous n’irons pas à Canossa

Par Rachid Ezziane Non, jamais. Au grand jamais. Et comme l’avait choisi nos martyrs, Larbi Ben M’hidi, Ali la Pointe, Hassiba Ben Bouali et tous les autres, et en totale adhésion avec notre président, nous n’acceptons pas l’humiliation d’où qu’elle vienne. Encore moins nous mettre à genou. Quel que soit le prix à payer, nous préférons l’honneur à la flétrissure. Ceux qui connaissent l’histoire savent ce que veut dire l’expression formulée par le président Abdelmadjid Tebboune : « Je n’irai pas à Canossa ». Mais ça ne nous empêche pas de raconter sa genèse. Le 24 janvier 1076, le pape Grégoire VII ayant refusé que les évêques soient nommés par des laïcs, le roi Henri IV, futur empereur germanique, fait prononcer la déposition du souverain pontife par le concile de Worms. Dès le mois ...
Des gens malveillants
Chroniques, Sans catégorie

Des gens malveillants

Par Hamid Dahmani Dans ce monde en voie de dépérissement, la folie des vulgaires opportunistes n’a pas de limites pour ébranler les esprits des gens sages. Les humains sont en train de perdre leurs âmes et leur personnalité face au progrès dévastateur. Le temps bouge, il est instable dans sa logique, et Les hommes n’ont plus de caractères, ils sont insatiables, variables et malheureux. Ils renient ce qu’ils sont et ne veulent pas être ce qu’ils sont. Ils haïssent leur personne et leurs propres comportements ne leur conviennent plus. Ils sont en plein délire, ils veulent changer de look, de démarches, de prénoms, de coiffures, d’accent et pourquoi pas de raison ! Ils sont gonflés et incompréhensibles, ils en veulent à la nature qui les a dessinées tels qu’ils sont. Ils ne sont...
Pour qui meurent les innocents 
Chroniques

Pour qui meurent les innocents 

Par Rachid Ezziane Je n’oserai dire : pour qui sonne le glas, car il ne s’agit pas ici de « glas » annonçant la mort d’une personne âgée et qui était en fin de vie, mais de morts en « trombes » ininterrompues. Sauf que ces « trombes » n’apportent pas de la fraicheur et de la joie aux petites têtes mais elles les font voltiger en éparpillant sang et chair, au meilleur des cas, elles amputent bras et jambes. Sous les décombres, des corps déchiquetés se décomposent à la vitesse de la décadence de l’humanité… Les images sont surréalistes, voire insoutenables, sauf pour ceux qui en sont la cause de ce génocide à ciel ouvert et à armes inégales. Des fous s’en vont en guerre. Sans peur et sans morale. Aidés par les cousins « germains » aux yeu...
Allo le monde, comment va Gaza ?
Chroniques

Allo le monde, comment va Gaza ?

Par Kawthar Bouhassoun. Ça pique ... le chemin est long, tellement long ... il fait chaud ... il fait froid ... pieds nus ... peu de vêtements ... des rires, des bruits ... ça fait mal ... un coup ... puis un autre ... des bleus ... encore une route ... encore un chemin ... encore un obstacle, puis deux ... trois, quatre ... combien en reste-il encore ? Des personnes, beaucoup de monde, la foule, des mains, puis une seule. Puis rien ... personne, solitude ...silence ... larmes, noir, chagrin, rires, joie. Mer, montagne, verdure, paix, puis tempête ... Rien ne va, tout est désordre, guerre, mal partout, haine et haine et encore haine. Peu d'amour, maladies ... Des non-dits ... des malentendus… respect, distance ... espoir, rêves ... tout se meurt. Mains ... puis rien ... brouillard...
Ce n’est pas la mer à boire
Chroniques

Ce n’est pas la mer à boire

Par Hamid Dahmani Si le monde moderne continue à mépriser et à ignorer cette bonne vieille terre qui l’accueille à cette allure-là, bientôt nous aurons le gosier sec pendant un bon bout de temps pour voir l’espèce humaine et animale disparaitre doucement de cet univers. La terre est stressée et la vie n’est plus tranquille comme autrefois à cause des dangers qui la guettent. Les hommes jouent avec leurs vies ; ils ne veulent pas revenir à la raison et faire la paix avec la terre. Si ça continue avec cet entêtement et cette course effrénée vers le profit, tôt ou tard, on ne pourra pas crier derrière les têtus : « Ce n’est pas la mer à boire ». Et cette expression ne sera plus d’usage dans la bouche des assoiffés, elle disparaitra tout simplement de notre langage parce...
Un temps morne
Chroniques

Un temps morne

Par Hamid Dahmani Quand la joie de vivre s’éclipse et que tous les autres plaisirs de la vie vous manquent dans cette existence très surveillée, la tristesse apparait au grand jour sur le visage et donne des signes mélancoliques dans le comportement des gens. Les muscles zygomatiques sont aux arrêts, ils ne fonctionnent plus comme avant à cause de la mauvaise humeur quotidienne qui colle à la peau. L’esprit se crispe et l’âme se retranche dans les profondeurs obscures de la routine tueuse qui a dressé sa guitoune dans ce douar poussiéreux. Le temps maussade est éternel et les feux sont éteints dans la région. Quelle vie de chien ! Les surveillés sont obligés de supporter toutes ces épreuves sans rechigner. Temporairement par arrêté permanent, il est interdit de rire, de dire, ...
L’exil « wella tamara »
Chroniques

L’exil « wella tamara »

Par Hamid Dahmani La « harga » (l’émigration clandestine) est en vogue partout dans le monde où ça ne va pas pour les gens du peuple. Elle n’est pas un phénomène réservé uniquement aux Algériens, elle attire toutes les catégories de gens des deux sexes venus du reste du monde, esseulés ou en famille entière. Les gens désespérés, quand ils ne sont pas bien dans leurs peaux, veulent changer d’atmosphère et d’environnement pour goûter aux plaisirs de la vie. Ils fuient la mélancolie, ils redoutent l’injustice, ils recherchent le bien-être, ils veulent profiter de la belle vie, ils sont ambitieux, ils aiment la richesse, ils adorent la liberté, en clair ils veulent voir du monde ! Voilà les raisons primordiales recherchées par les candidats qui veulent partir de leurs pays ve...
En deux mots
Chroniques

En deux mots

Par Hamid Dahmani. Brièvement, Il faut juste deux mots pour résumer un bla-bla somnolant et frustrant. Oui, Juste deux petits mots pour abréger une litanie ennuyeuse qui nous fait tourner la tête. En clair, deux mots raisonnables seulement pour sonner le glas des moulins à paroles qui nous cassent les pieds depuis l’ère de « Daqious ». Juste deux vocables pour raccourcir une discussion pleine de petits détails insignifiants. En deux mots, on peut clore un débat interminable sans fin, débité juste pour enquiquiner comme d’hab les plus sensés. En deux mots, on peut tout expliquer sans trop s’étaler sur des sujets monotones qui pourrissent la vie des malchanceux. Les gens sages qui ne parlent pas beaucoup ont libéré la parole et le pays en décidant, à partir de deux mots, de t...