L'Algérie de plus près

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« Lifina yekfina »
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« Lifina yekfina »

Par Hamid Dahmani La vie n’est pas éternelle dans cette existence agitée, elle n’est qu’éphémère. Cette destinée n’est pas de tout sourire pour tout le monde. Le présent est très pesant. Il y a des jours fades et difficiles à supporter par les misérables qui paient au grand jour. La vie dans ce bled coule aussi avec sa mélancolie et ses soucis qui étreignent avec une grande détresse les esprits des plus sages. Quand la vie n’est pas très reluisante et que les gens sont préoccupés, harcelés et font face à beaucoup d’ennuis à la fois, ils n’ont qu’un seul souhait que résume cette vieille expression populaire qui dit : « Li fina yekfina ». Une expression proverbiale du parler dialectal algérien, qui appartient à notre terroir et qui exprime l’embarras et le rejet de la mi...
L’huile de coude
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L’huile de coude

Par Hamid Dahmani L’huile de coude est une énergie extrêmement rare, elle est produite laborieusement par le corps humain quand il se dépense et fourni beaucoup d’efforts. Elle est adipeuse et inapparente quand on la soustrait physiquement avec ses propres mains. Cette substance est introuvable chez les peuples sommeillant et désœuvrés qui préfèrent l’importer plutôt que la produire. Cette matière oléagineuse est produite à partir d’une articulation dès qu’on commence à la stimuler. Cette huile est transparente et inodore quand on la travaille péniblement. Pour goûter à cette huile, il faut travailler durement, se lever de bonheur et mettre la main à la pâte pour espérer l’acquérir. Pour fructifier cette huile qui vaut de l’or, il faut de bonnes presses à huile pour produire cette denré...
La main et son doigté
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La main et son doigté

Par Hamid Dahmani Durant la belle époque de notre enfance, on se rappelle de ce que nous enseignaient nos parents lors des longues soirées en famille. Profitant de ces moments de convivialité nocturnes, pour nous divertir après le dîner, nos mères ou nos grand-mères prenaient nos petites mains entre les leurs bien ouvertes et nous expliquaient le rôle de chaque doigt en parodiant leur fonction avec humour l’un après l’autre : « Hadha issemouh debouze el gmal, hadha lahass el gass’aa, hadha touil bla khassla we hadha sghair mesquine » (Celui-là on le nomme le Pouce pour tuer les poux, l’Index pour gratter le fond du plat de couscous, le Majeur élancé mais futile, l’Annulaire ? L’Auriculaire, petit doigt innocent). Et petit à petit, nous avons appris que la main est un...
Des Euros dans la tête …
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Des Euros dans la tête …

Par Hamid Dahmani Lors d’une discussion amicale avec le propriétaire d’une boutique de brocante ces derniers jours, le proprio m’a demandé par curiosité quel âge j’avais et, sans réfléchir, je lui ai répondu : – 75 euros ! – Comment ? m’a-t-il répondu intrigué par ma réponse. Tu veux dire 75 ans ? – Non, je préfère vous donner mon âge en valeur euro, parce que dans ces moments de folies de cette devise enivrante, tout le monde raffole des beaux billets en euros non scotchés. « Bekri », avant l’ère de l’euro, c’était l’âge de pierre, puis est venu l’âge du bronze, « thouma » celui du fer et ensuite celui du moyen-âge. A présent, c’est l’âge des euros ou des dollars formels et informels (c’est kif-kif car on n’a pas le choix). En ...
Parler au « pluriel du singulier »
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Parler au « pluriel du singulier »

Par Hamid Dahmani L’autre jour, dans un café populaire de la ville, j’ai entendu un consommateur crier au cafetier : « Aatina atey, saha khouya !» (Donnez-nous un thé, merci mon frère !). C’est étonnant, l’homme a parlé au pluriel, alors qu’il était attablé tout seul. Notre dialecte est devenu étrange depuis quelque peu. Les gens, quand ils parlent pour s’exprimer avec d’autres, et quoiqu’ils soient tous seuls, cela ne les empêche pas de parler au pluriel sans réfléchir. Chez le boulanger, j’ai observé le même phénomène : « Khouya, salam alikoum, aatina khamssa tipanete », (Mon frère, donnez-nous cinq petits pains). Entre le singulier et le pluriel, il y a une fausse note. Les gens sont très respectueux dans leurs demandes, ils parlent avec politess...
La revanche du Sud Global
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La revanche du Sud Global

Par Rachid Ezziane Doucement, mais sûrement, les pays du Sud global se fraient un chemin vers la création d’un nouvel ordre mondial. Certes, l’Occident, comme l’autruche, cache sa tête dans le sable pour ne pas voir ce revirement géopolitique. Comme si refuser de voir les choses venir est la meilleure façon de dire qu’elles n’existent pas. Les médias occidentaux, et surtout français, ont fait une omerta sur le dernier sommet des BRICS et l’ont considéré juste comme une exhibition de Poutine pour narguer les occidentaux et montrer qu’il n’était pas isolé. Mais à y voir de plus près, ce sommet qui a réuni plus de quarante Etats (rien que ça) a bel et bien titiller l’ego des pays occidentaux. Le billet de banque « BRICS » entre les doigts de Poutine n’est pas passé inaperçu, notamment...
Tourner en rond
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Tourner en rond

Par Hamid Dahmani Les tours gigantesques, les bâtiments luxueux, les jardins et toutes autres infrastructures qui sortent de l’ordinaire ont toujours servi de points de repères : ça permet aux égarés de la cité de se situer dans l’agglomération et ça fait aussi le sujet des cartes postales et autres photos souvenirs de voyage. Car, de nos jours, pour s’orienter et trouver son chemin, une place ou un endroit dans le tumulte de ce nouveau tissu urbain, il faut des repères aux gens perdus dans ce bled inconnu ou méconnu. Les points de repères majestueux, comme les gratte-ciels, les cinémas, les piscines, les théâtres et, surtout, les librairies et les jardins sont des issues de secours pour sortir du marasme du tourner-en-rond dans les amas de béton. Avant les séismes dévastateurs ...
Voraces comme des boas
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Voraces comme des boas

Par Hamid Dahmani Quand les temps sont maigres et qu’il n’y a rien à se mettre sous la dent, on se suffit de pain rassis et d’un petit chouia d’eau en attendant la providence… Et quand les jours sont fastes, c’est la bombance chez dame panse qui subit l’envie de la surabondance. Comme chaque jour qui se lève, les boyaux ronronnent et crient famine à qui peut bien les entendre et les comprendre à l’heure des braves. Ceux qui ont un gros creux dans le ventre ont l’estomac dans les talons. Et ceux qui sont rassasiés ont la bedaine qui pend jusqu’aux genoux. Quand la grande faim frappe à la porte, on sait que cela va barder « fel couzina ». Il y a un proverbe culinaire qui dit : « Aala kerchou yekhli aarchou » (pour assouvir son ventre, il est prêt à décimer sa t...
Nous n’irons pas à Canossa
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Nous n’irons pas à Canossa

Par Rachid Ezziane Non, jamais. Au grand jamais. Et comme l’avait choisi nos martyrs, Larbi Ben M’hidi, Ali la Pointe, Hassiba Ben Bouali et tous les autres, et en totale adhésion avec notre président, nous n’acceptons pas l’humiliation d’où qu’elle vienne. Encore moins nous mettre à genou. Quel que soit le prix à payer, nous préférons l’honneur à la flétrissure. Ceux qui connaissent l’histoire savent ce que veut dire l’expression formulée par le président Abdelmadjid Tebboune : « Je n’irai pas à Canossa ». Mais ça ne nous empêche pas de raconter sa genèse. Le 24 janvier 1076, le pape Grégoire VII ayant refusé que les évêques soient nommés par des laïcs, le roi Henri IV, futur empereur germanique, fait prononcer la déposition du souverain pontife par le concile de Worms. Dès le mois ...
Des gens malveillants
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Des gens malveillants

Par Hamid Dahmani Dans ce monde en voie de dépérissement, la folie des vulgaires opportunistes n’a pas de limites pour ébranler les esprits des gens sages. Les humains sont en train de perdre leurs âmes et leur personnalité face au progrès dévastateur. Le temps bouge, il est instable dans sa logique, et Les hommes n’ont plus de caractères, ils sont insatiables, variables et malheureux. Ils renient ce qu’ils sont et ne veulent pas être ce qu’ils sont. Ils haïssent leur personne et leurs propres comportements ne leur conviennent plus. Ils sont en plein délire, ils veulent changer de look, de démarches, de prénoms, de coiffures, d’accent et pourquoi pas de raison ! Ils sont gonflés et incompréhensibles, ils en veulent à la nature qui les a dessinées tels qu’ils sont. Ils ne sont...