Octobre, place du 1er mai
Par Mohamed Saïd Hammadi
Je me souviens.
Tout commença par une rumeur d’une ampleur inhabituelle. Celle d’une grève générale qui allait secouer la zone industrielle de Rouiba, une des vitrines de l’essor de l’industrie algérienne.
La veille, attablé avec des amis dans un café de la place du premier mai, je devisais avec eux, sans y croire, sur l’imminence d’un bouleversement. Pour d’autres, ce n’était que de l’intox, le prolongement de toutes les supputations que nourrissaient de probables luttes entre hommes en mal de charisme.
Qui croire ?
Je connaissais des amis dans et en dehors de l’organisation syndicale officielle unique. Par eux, je la savais habitée de quelques contestataires, et secouée de temps à autres de convulsions internes, jamais apparentes en surface. Je me...









