L'Algérie de plus près

Histoire

Témoignage 10 Octobre 1980
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Témoignage 10 Octobre 1980

Mercredi 8 octobre 1980. Le caporal de service m’intercepte au seuil de mon bureau : « Hadharat, c’est pour vous de la part du lieutenant Boukmedja». Il me remet un papier plié en deux. Je l’ouvre : une permission de 4 jours. Des collègues officiers me regardent avec étonnement. C’est qu’en fin de matinée j’avais introduit une demande de permission pour le week-end (jeudi-vendredi) afin de rendre visite à ma famille à El Asnam. Le lieutenant en charge du secrétariat du bureau d’orientation (BO) de la région militaire d’Alger (la 7ème à l’époque) où je suis affecté depuis la fin de mon instruction militaire à l’École de formation des officiers de réserve (EFOR) de Blida m’avait opposé un refus catégorique. Je me suis accroché verbalement avec lui. Notre échange a été nerveux et a été entend...
Ma ville martyrisée
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Ma ville martyrisée

10 Octobre 1980 D’El Asnam à Chlef, il y a 41 ans,  située à mi-distance entre Oran et Alger, dévastée par le pire tremblement de terre de l'histoire de l’Algérie .C'est le  séisme le plus meurtrier de l'histoire du  pays. Des séquelles gravées à jamais dans la mémoire des Asnamis, qui ont vécu un triste et inoubliable drame avec  des pertes humaines et des dégâts matériels importants et dramatiques.  D’abord, on se remémore  de la mémoire de nos martyrs tombés au champs d’honneur  et des morts du tremblement de terre à la mémoire de cette tragédie nationale  et de toutes ses victimes de leur disparition tragique en ce jour qui commémore 41 années jour pour jour.  Comme aussi, une  pensée est dédiée à cette occasion  à notre cher re...
Octobre, place du 1er mai
Histoire

Octobre, place du 1er mai

Par Mohamed Saïd Hammadi Je me souviens. Tout commença par une rumeur d’une ampleur inhabituelle. Celle d’une grève générale qui allait secouer la zone industrielle de Rouiba, une des vitrines de l’essor de l’industrie algérienne. La veille, attablé avec des amis dans un café de la place du premier mai, je devisais avec eux, sans y croire, sur l’imminence d’un bouleversement. Pour d’autres, ce n’était que de l’intox, le prolongement de toutes les supputations que nourrissaient de probables luttes entre hommes en mal de charisme. Qui croire ? Je connaissais des amis dans et en dehors de l’organisation syndicale officielle unique. Par eux, je la savais habitée de quelques contestataires, et secouée de temps à autres de convulsions internes, jamais apparentes en surface. Je me...
5 octobre 1988 ou la révolte contre le système mafieux
Histoire

5 octobre 1988 ou la révolte contre le système mafieux

Par Professeur Mohammed Guétarni « Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu'à inventer »Gaston BERGER Les émeutes fatidiques d’octobre 1988 ont éclaté à partir du 2 au 3 octobre dans les lycées Abane Ramdane (El-Harrach) et les Eucalyptus (Bourouba) dans la banlieue d'Alger pour se propager dans la nuit du 4 au 5 octobre dans le quartier populaire de Bab-El-Oued à Alger. Elles s'étendent rapidement à d'autres grands centres urbains du Nord pour faire, ensuite, tache d’huile sur l’ensemble du pays sans réseaux sociaux, à l’époque. Cependant, grâce aux antennes paraboliques, qui poussaient, comme des champignons sur les toits, les habitants des autres villes Constantine, Batna, Oran… ont appris, par le biais des t...
Ils ont osé! Ils ont tiré à balles réelles sur le peuple!
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Ils ont osé! Ils ont tiré à balles réelles sur le peuple!

Par Salima Mimoune Octobre 88. Un tonnerre dans un ciel serein ? Oh, que non, le malaise social couvait les grondements depuis le début des années 80. Le musèlement par le parti unique de toute forme de protestation et d’organisation, politique, culturelle, syndicale, les affrontements d’intérêts entre certains représentants de l’État pour ou contre le libéralisme économique, et l’effondrement des prix des hydrocarbures au niveau mondial, avec son lot de répercussions sur les projets de développement national ainsi que sur le niveau de vie des Algériens, allaient faire exploser une cocotte-minute qui sifflait déjà. Boum démographique, pénuries de tous genres, crise de logements, arrêt de l’industrialisation du pays, chômage, émergence de nouveaux riches sortis du ventre du système...
5 Octobre 88, choses vues et vécues
Histoire

5 Octobre 88, choses vues et vécues

Par Brahim Taouchichet Les jeunes avaient pris possession des rues, ruelles et boulevards, s’organisant en comités. C’est que l’État, débordé, s’était mis en retrait. Sans verser dans le mélodrame, les événements d’Octobre 1988 auront marqué l’histoire postindépendance de l’Algérie aussi bien par leur intensité que par leur étendue puisque ce sont presque toutes les régions du pays qui ont pris part à un mouvement insurrectionnel inédit sous plusieurs aspects. De par leur impact, ce que l’on continue d’appeler « les événements d’octobre », marqueront pour toujours les mémoires. De par leur portée, l’on peut affirmer qu’ils sont aussi marquants que le coup d’État de 1965, aux contours d’une révolution de palais. Si dans ce dernier cas, l’armée occupa le terrain à l’image des chars pla...
Antar, le lion de Bissa
Histoire

Antar, le lion de Bissa

«Cette wilaya IV qui a enfanté des héros, passés sous l’éteignoir, cette wilaya IV qui a enregistré des batailles mémorables passées sous silence. Cette wilaya VI qui s’est débrouillée pour s’armer et s’équiper au détriment de l’ennemi, on veut la faire taire. Heureusement que le colonel Hassan fait un travail de mémoire titanesque. Heureusement que, localement, nous avons Le Chélif pour défricher l’histoire». Cette tirade a été prononcée par Hadj Abdelkader Klouch après une visite du domicile du défunt Antar. Tirade dite avec un énervement et un agacement jamais observé chez cet homme de loi et de calme comme lui. Je la reproduis à son insu. Mardi 16 juin 2020, c’est ce jour-là que le bon dieu a choisi pour rappeler à lui Antar, le lion de Bissa, de son vrai nom Abdelkader Embarek, ...
Qui se souvient des guillotinés d’El Asnam ?
Histoire

Qui se souvient des guillotinés d’El Asnam ?

Le 18 juin de chaque année, la France se remémore le discours du général De Gaulle. En Algérie, et curieusement le même jour de chaque année, nous remémorons la mort du premier guillotiné de la glorieuse révolution. Ahmed Zabana en l’occurrence. De Gaulle a écrit un discours pour la France à partir de Londres. Ahmed Zabana a écrit une lettre à ses parents à partir de… la prison. Le premier a fui à Londres pour combattre les Nazis. Zabana a préféré se battre sur le terrain. Les moyens ne sont pas les mêmes. L’un disposait de l’émetteur de la puissante BBC et de la protection de la Grande Bretagne de Churchill.  L’autre n’avait qu’une petite arme de poing et toute l’armada politico-militaire de la France et la logistique de l’OTAN contre lui. L’un visait le pouvoir après la libération d...
El Hadj Bachouchi, moudjahid, ancien membre de la katiba El Karimia :
Histoire

El Hadj Bachouchi, moudjahid, ancien membre de la katiba El Karimia :

«Quand nous partirons, certains diront qu’il n’y a jamais eu de révolution» Ce témoignage a été réalisé dans une atmosphère particulièrement émotionnelle. Quand ce moudjahid parle de la bataille de Bab el Bakouch et quand j’ai essayé d’aborder le sujet des évènements de Masséna, l’homme n’était plus le même. Ce n’était plus ce jeune qui guerroyait dans la zone de l’Ouarsenis ou à Djebel El Louh. Le souvenir des frères tombés au champ d’honneur lui fait toujours mal. Il dira que la blessure est toujours ouverte. Fin novembre 2019, je me suis déplacé par un bel après-midi à El Karimia,  après plusieurs rendez-vous ratés, pour y rencontrer le moudjahid Bachouchi. C’est que ces moudjahidines sont très actifs, ils ont encore beaucoup de choses à faire dans la vie. Je voulais en...
Hadj Ghoul Abdelkader, le chahid crucifié
Histoire

Hadj Ghoul Abdelkader, le chahid crucifié

Par Slimane Bentoucha A l’occasion de la célébration, ce mardi, de la journée nationale du Chahid, nous avons cru utile de relater l’histoire d’un chahid bien particulier dans notre village d’Oued Sly, puisqu’il est tombé au champ d’honneur d’une façon singulière que probablement nul autre martyr n’a connu. En effet, son combat n’a duré qu’une seule journée seulement. Comment cela s’est passé ? Nous vous prions de suivre son récit par la bouche de son dernier frère en vie, Tayeb, 72 ans, qui va nous a raconté son histoire. «Mon frère Abdelkader était l’ainée de la famille. Comme tous les jeunes de sa génération, il menait presque une vie de vagabond puisqu’il ne travaillait pratiquement pas. Et quand il réussissait à trouver un boulot, ça ne durait pas plus d’une semaine et il se ret...