L'Algérie de plus près

Histoire

5 octobre 1988 ou la révolte contre le système mafieux
Histoire

5 octobre 1988 ou la révolte contre le système mafieux

Par Professeur Mohammed Guétarni « Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu'à inventer »Gaston BERGER Les émeutes fatidiques d’octobre 1988 ont éclaté à partir du 2 au 3 octobre dans les lycées Abane Ramdane (El-Harrach) et les Eucalyptus (Bourouba) dans la banlieue d'Alger pour se propager dans la nuit du 4 au 5 octobre dans le quartier populaire de Bab-El-Oued à Alger. Elles s'étendent rapidement à d'autres grands centres urbains du Nord pour faire, ensuite, tache d’huile sur l’ensemble du pays sans réseaux sociaux, à l’époque. Cependant, grâce aux antennes paraboliques, qui poussaient, comme des champignons sur les toits, les habitants des autres villes Constantine, Batna, Oran… ont appris, par le biais des t...
Ils ont osé! Ils ont tiré à balles réelles sur le peuple!
Histoire

Ils ont osé! Ils ont tiré à balles réelles sur le peuple!

Par Salima Mimoune Octobre 88. Un tonnerre dans un ciel serein ? Oh, que non, le malaise social couvait les grondements depuis le début des années 80. Le musèlement par le parti unique de toute forme de protestation et d’organisation, politique, culturelle, syndicale, les affrontements d’intérêts entre certains représentants de l’État pour ou contre le libéralisme économique, et l’effondrement des prix des hydrocarbures au niveau mondial, avec son lot de répercussions sur les projets de développement national ainsi que sur le niveau de vie des Algériens, allaient faire exploser une cocotte-minute qui sifflait déjà. Boum démographique, pénuries de tous genres, crise de logements, arrêt de l’industrialisation du pays, chômage, émergence de nouveaux riches sortis du ventre du système...
5 Octobre 88, choses vues et vécues
Histoire

5 Octobre 88, choses vues et vécues

Par Brahim Taouchichet Les jeunes avaient pris possession des rues, ruelles et boulevards, s’organisant en comités. C’est que l’État, débordé, s’était mis en retrait. Sans verser dans le mélodrame, les événements d’Octobre 1988 auront marqué l’histoire postindépendance de l’Algérie aussi bien par leur intensité que par leur étendue puisque ce sont presque toutes les régions du pays qui ont pris part à un mouvement insurrectionnel inédit sous plusieurs aspects. De par leur impact, ce que l’on continue d’appeler « les événements d’octobre », marqueront pour toujours les mémoires. De par leur portée, l’on peut affirmer qu’ils sont aussi marquants que le coup d’État de 1965, aux contours d’une révolution de palais. Si dans ce dernier cas, l’armée occupa le terrain à l’image des chars pla...
Antar, le lion de Bissa
Histoire

Antar, le lion de Bissa

«Cette wilaya IV qui a enfanté des héros, passés sous l’éteignoir, cette wilaya IV qui a enregistré des batailles mémorables passées sous silence. Cette wilaya VI qui s’est débrouillée pour s’armer et s’équiper au détriment de l’ennemi, on veut la faire taire. Heureusement que le colonel Hassan fait un travail de mémoire titanesque. Heureusement que, localement, nous avons Le Chélif pour défricher l’histoire». Cette tirade a été prononcée par Hadj Abdelkader Klouch après une visite du domicile du défunt Antar. Tirade dite avec un énervement et un agacement jamais observé chez cet homme de loi et de calme comme lui. Je la reproduis à son insu. Mardi 16 juin 2020, c’est ce jour-là que le bon dieu a choisi pour rappeler à lui Antar, le lion de Bissa, de son vrai nom Abdelkader Embarek, ...
Qui se souvient des guillotinés d’El Asnam ?
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Qui se souvient des guillotinés d’El Asnam ?

Le 18 juin de chaque année, la France se remémore le discours du général De Gaulle. En Algérie, et curieusement le même jour de chaque année, nous remémorons la mort du premier guillotiné de la glorieuse révolution. Ahmed Zabana en l’occurrence. De Gaulle a écrit un discours pour la France à partir de Londres. Ahmed Zabana a écrit une lettre à ses parents à partir de… la prison. Le premier a fui à Londres pour combattre les Nazis. Zabana a préféré se battre sur le terrain. Les moyens ne sont pas les mêmes. L’un disposait de l’émetteur de la puissante BBC et de la protection de la Grande Bretagne de Churchill.  L’autre n’avait qu’une petite arme de poing et toute l’armada politico-militaire de la France et la logistique de l’OTAN contre lui. L’un visait le pouvoir après la libération d...
El Hadj Bachouchi, moudjahid, ancien membre de la katiba El Karimia :
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El Hadj Bachouchi, moudjahid, ancien membre de la katiba El Karimia :

«Quand nous partirons, certains diront qu’il n’y a jamais eu de révolution» Ce témoignage a été réalisé dans une atmosphère particulièrement émotionnelle. Quand ce moudjahid parle de la bataille de Bab el Bakouch et quand j’ai essayé d’aborder le sujet des évènements de Masséna, l’homme n’était plus le même. Ce n’était plus ce jeune qui guerroyait dans la zone de l’Ouarsenis ou à Djebel El Louh. Le souvenir des frères tombés au champ d’honneur lui fait toujours mal. Il dira que la blessure est toujours ouverte. Fin novembre 2019, je me suis déplacé par un bel après-midi à El Karimia,  après plusieurs rendez-vous ratés, pour y rencontrer le moudjahid Bachouchi. C’est que ces moudjahidines sont très actifs, ils ont encore beaucoup de choses à faire dans la vie. Je voulais en...
Hadj Ghoul Abdelkader, le chahid crucifié
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Hadj Ghoul Abdelkader, le chahid crucifié

Par Slimane Bentoucha A l’occasion de la célébration, ce mardi, de la journée nationale du Chahid, nous avons cru utile de relater l’histoire d’un chahid bien particulier dans notre village d’Oued Sly, puisqu’il est tombé au champ d’honneur d’une façon singulière que probablement nul autre martyr n’a connu. En effet, son combat n’a duré qu’une seule journée seulement. Comment cela s’est passé ? Nous vous prions de suivre son récit par la bouche de son dernier frère en vie, Tayeb, 72 ans, qui va nous a raconté son histoire. «Mon frère Abdelkader était l’ainée de la famille. Comme tous les jeunes de sa génération, il menait presque une vie de vagabond puisqu’il ne travaillait pratiquement pas. Et quand il réussissait à trouver un boulot, ça ne durait pas plus d’une semaine et il se ret...
Si Khaled, une vie de militantisme au service de l’Algérie
Histoire

Si Khaled, une vie de militantisme au service de l’Algérie

Par M’hamed Abaci Abdelkader Zarzour, dit Si Khaled, a voué sa vie à l’Algérie. Militant nationaliste convaincu et moudjahid de la première heure, il s’est engagé dans la lutte armée pour l’indépendance de l’Algérie  contre l’armée coloniale et ceux jusqu’au recouvrement de l’indépendance en 1962. Pour tous ceux qui l’ont connu  et côtoyé, Si Khaled était un vaillant combattant pour la libération de son pays, qui a accompli son devoir pour la cause nationale dans les maquis de la  région montagneuse de l’Ouarsenis faisant partie alors de la wilaya IV historique. C’est dans ces massifs impénétrables qu’il participa à plusieurs batailles contre les forces armées coloniales dans cette région, sans en attendre une quelconque reconnaissance. En effet, ses anciens compagnon...
Le maréchal Pétain à Oued Fodda
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Le maréchal Pétain à Oued Fodda

Il a effectué une brève visite dans la ville vers 1942 Le maréchal Pétain à Oued Fodda Philippe Pétain est un militaire et un homme politique français, né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais) et mort le 23 juillet 1951 à Port-Joinville, dans l'île d'Yeu, en Vendée. Pendant la Première Guerre mondiale, il organise la défense de Verdun, devient commandant en chef de l'armée française, puis est nommé maréchal de France en 1918. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est investi des pleins pouvoirs par le Parlement et met fin à la Troisième République en la remplaçant par un régime plus autoritaire et plus centralisé autour du chef de l'État. C'est le « régime de Vichy ». Il devient donc le chef de l'État français qui collabore avec l'occupant nazi et lutte contre la...
L’école d’Oued Fodda ou la déchéance de la France
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L’école d’Oued Fodda ou la déchéance de la France

De l’enseignement des préceptes de la civilisation à la torture L’école d’Oued Fodda ou la déchéance de la FrancePar Khaled Ali Elouahed Pour rappel, je dirai que le maréchal Pétain a visité la ville d’Oued Fodda en plein essor en 1942 selon notre témoin, Hembalmahdjoub. Le mercredi dernier, quand il a lu l’article sur Le Chélif, il m’a déclaré ceci : «Quand on lit l’article, on pense qu’il y avait une certaine égalité au moins à l’inscription entre arabes et européens. Oui, j’ai oublié de te dire qu’il y avait en tout et pour tout qu’une seule classe pour les indigènes. Elle regroupait dans la même salle de classe les quatre niveaux, soit le CP1, le CP2, le CE1 et le CE2.» Voilà, je disais donc qu’après le séisme d’Orléansville du 9 septembre 1954, l’armée d’occupation a accaparé l’...