Par Rachid Ezziane
Comme dans tous les domaines, le tout « tout-de-suite », voire « le-tout-sécuritaire », ne peut à lui seul résoudre un mal profond. Et nos routes sont « profondément » tueuses. Et même qu’elles sont devenues des tombes ouvertes. Quelle solution choisir donc pour mettre fin à ce fléau qui ne cesse d’augmenter, et qui endeuille, année après année, des milliers de familles ?
Je crois que l’Etat a tout essayé avec les amendes et les retraits de permis. Avec la nouvelle loi, on rentre dans une autre logique. Frapper fort en allant jusqu’à emprisonner les chauffards. Les amendes, quant à elles, se sont vues quadrupler et même plus. On a même pensé à obliger les propriétaires des véhicules, sans distinction, de se munir d’un extincteur (introuvable sur le marché), comme si à chaque tournant, les voitures prennent feu.
Mais les problèmes de la sécurité routière, ce sont les accidents qui sont causés par divers facteurs, et essentiellement l’excès de vitesse. Je constate, en tant que chauffeur et propriétaire d’un véhicule de tourisme, et conduisant depuis plus de 40 ans sans n’avoir jamais commis d’accident ni infraction, qu’on a oublié un élément très important qui consiste à éduquer avant de punir. C’est ma conscience élevée quant au danger de la route qui m’a permis de toujours respecter le code de la route et ainsi avoir évité le pire. Il faut apprendre au citoyen, depuis l’école, qu’au volant le respect du code de la route peut sauver la vie et permet aussi d’apprécier le plaisir de la conduite.

En parallèle de la sensibilisation tous azimuts et sans relâche, il faut aussi veiller à faire en sorte que les routes soient bien entretenues, que la pièce détachée soit, elle aussi, aux normes internationales. Sans oublier de renforcer les auto-écoles de moyens adéquats en véhicules neufs, circuits de conduite, en formateurs qualifiés, et pourquoi pas, de mettre à leur disposition des psychologues pour sensibiliser les nouveaux conducteurs du danger de la route. Surtout, inculquer aux citoyens, par le son et l’image, que c’est tout un art de conduire un véhicule, qu’il soit de tourisme ou utilitaire. Et qu’être vigilant, en respectant le code de la route, ne veut pas dire qu’on est naïf ou pusillanime.

Après, viennent les sanctions. Et qu’elles soient octroyées selon la loi et en toute impartialité. Seules, je crois, l’éducation et la sensibilisation, avec, bien-sûr, les contraventions et amendes, peuvent, à long terme, venir à bout de ce fléau dévastateur.
Pour conclure, on peut déjà considérer la campagne de sensibilisation menée par le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales pour mettre à jours les nouvelles règles du code de la route 09-26 comme un début non négligeable. Faut-il aussi que cette campagne dure un peu plus dans le temps car le fléau est tel qu’une seule opération ne suffit pas.
R. E.