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Rentrée scolaire 2026 : l’arabe, le français, l’anglais et les incendies

Par Rachid Ezziane *

À quelques jours de la rentrée scolaire, l’image habituelle des cartables neufs, des fournitures soigneusement rangées et des enfants impatients de retrouver leurs camarades est quelque peu brouillée cette année.

La rentrée 2026-2027 intervient dans un contexte particulier. Dans plusieurs régions, notamment celles de l’Est du pays, et plus particulièrement dans les zones montagneuses, durement frappées par les incendies, des familles ont vécu de douloureuses épreuves, parfois le deuil, la destruction de leurs biens ou le déplacement forcé. Pour certains enfants, reprendre le chemin de l’école ne sera donc pas simplement reprendre les cours après les vacances, mais ce sera retrouver une certaine normalité après un traumatisme.

Que signifie donc « réussir une rentrée scolaire » lorsqu’une partie de nos enfants revient des vacances scolaires avec une expérience douloureuse, voire traumatisante. Certes, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé des mesures particulières en direction des wilayas touchées par les incendies, avec notamment un accompagnement psychologique, pédagogique et social des élèves. Cela est-il suffisant ? Nous le souhaitons pour que nos enfants puissent oublier un tant soit peu ces jours d’enfer qu’ils ont vécus.

Malheureusement cette rentrée (2026-2027) ne se réduit pas aux conséquences des incendies. Elle intervient également en plein débat sur les langues d’enseignement. Il est assez étonnant de constater que, chaque fois que la question scolaire revient au premier plan, le débat linguistique tend à prendre le dessus sur presque toutes les autres questions. Quelle langue choisir ? À quel âge ? Combien d’heures ? L’anglais avant le français ? Le français avant l’anglais ? Quelle place pour l’arabe ? Quelle place pour tamazight ? Ces questions, certes, ne sont pas secondaires. Car la langue est à la fois un outil de connaissance, un instrument de communication et une composante de l’identité. Il serait donc absurde de prétendre que la question linguistique est sans importance. Mais il faudrait peut-être cesser de poser le problème comme s’il fallait nécessairement choisir une langue contre une autre.

L’apprenant (l’enfant en particulier) algérien n’a pas besoin que les adultes lui transmettent leurs querelles linguistiques. Il a besoin de maîtriser suffisamment sa langue de scolarisation, de pouvoir apprendre d’autres langues dans le calme et la sérénité et, surtout, de comprendre à quoi ces langues vont lui servir.

La décision annoncée pour cette rentrée de commencer l’anglais en troisième année primaire et le français en quatrième année peut donc être discutée, évaluée et, si nécessaire, corrigée. Mais elle devrait l’être sur des critères pédagogiques. Discutée par des pédagogues qui évalueront l’âge de l’enfant, les méthodes d’apprentissage, la formation des enseignants, disponibilité des manuels, etc.

Autre question pertinente : l’école doit-elle tout enseigner ? Le problème n’est peut-être pas le nombre de matières enseignées, mais leur finalité. Car une matière ne devrait pas être enseignée simplement parce qu’elle figure depuis longtemps dans les programmes. Rien n’empêche l’éducation d’évoluer et se moderniser pour une meilleure prise en charge de nos enfants.

R. E.

* Écrivain

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