L'Algérie de plus près

Mon ami Hamid Dahmani

Par Ali Dahoumane

J’ai essayé à cent reprises de vous parler de mon ami, mais comment vous parler d’une église dont l’accès vous est interdit ? Or, ce soir je sens sous ma plume une folle envie de vous le présenter et de vous le faire connaître puisque nous sommes entre amis. Mon ami et maître va souffler sa vingtième bougie cette année. Loin du dénigrement et des critiques stériles, ses seuls attributs restent la gentillesse, la générosité et la bonté de l’âme et, quand je m’ennuie un peu, je passe une heure ou deux avec lui. Et croyez-moi, les mots qui sortent de sa bouche sont plein de douceur et de pureté.

Mon ami consacre tout son temps à ses passions favorites qui sont la philatélie et la brocante. Il collectionne les timbres du monde entier et chaque timbre raconte un évènement marquant du pays ou un trait de l’humanité. Sa maison est une véritable grotte d’Ali Baba où un grand trésor est gardé précieusement. Du petit gousset à la grande horloge murale et du vieux tourne-disque à une ancienne lampe datant de plusieurs décennies.

Et je me dis que ça serait dommage de vous le présenter sans parler de son grand amour pour les rues de la ville car il peut discourir pendant des heures sur l’histoire d’une rue, comment elle s’appelait à l’époque coloniale et qui étaient ses premiers habitants.

Bon et joyeux anniversaire Khouya Hamid avec tous mes vœux de bonheur, de santé et de prospérité inchallah.

A. D.

Hamid, l’homme qui possède un peu de tout

C’est le docteur Kamel Benmouhoub, mon ami de longue date, médecin de son état et journaliste à ses heures perdues, qui m’a présenté Hamid Dahmani. C’était au début de l’année 2014, quelques semaines à peine après le lancement de l’hebdomadaire Le Chélif. Tout nouveau, le journal avait besoin de la précieuse collaboration des lettrés de la ville d’El Asnam, notre ami médecin s’est décarcassé pour m’aider à recruter quelques plumes qui, par la suite, feront beaucoup parler d’elles.

Dahmani en faisait partie. Intervenant pratiquement dans chaque numéro par des écrits très variés, touchant notamment à la vie en société et, parfois, à la satire politique, ses écrits auraient pu, de nos jours, lui causer quelques ennuis.

Hamid ne ratait aucune occasion pour livrer au journal des chroniques hebdomadaires très suivies et commentées abondamment par les lecteurs ; il décortiquait avec son humeur décapant les comportements anormaux des gens de la ville qu’il prend évidemment soin de ne pas nommer (mais que tous les enfants de la ville connaissent en réalité), décrivant des situations burlesques qui nous font toucher du doigt nos égarements et quelques vices cachés dont on n’arrive pas à s’en départir.  

Des histoires, il en a toujours quelques-unes à nous raconter. À commencer par les noms des rues et des lieux, du temps passé et de son empreinte sur les indigènes sous occupation coloniale.

Hamid n’était pas tendre envers tous ces incultes qui, dieu on ne sait comment, ont réussi l’exploit de nous gouverner aussi longtemps tout en faisant avaler des couleuvres. Notre ami excellait dans cet exercice de style, surtout quand il fallait clouer le bec à tous ces hurluberlus qui défendent l’indéfendable. Ainsi, dans un de ses écrits, il mit à nu les affabulations de quelques fieffés thuriféraires qui justifiaient le changement d’appellation de la ville d’El Asnam par celui de Chlef, sous prétexte que le premier nom faisait référence aux idoles et que c’était pour raison que dieu punissait régulièrement la région en la secouant fortement pour punir ses habitants renoncent de leur mécréance, par une simple interrogation : si tel est le cas, si c’était vraiment haram, pourquoi vous entêtez-vous à ériger des statues à travers les ronds-points de la ville ?

Hamid a beaucoup de qualités, il est à la fois collectionneur de timbres, de monnaies, de journaux d’époque (il a en sa possession un journal datant de 1700 et quelques), de cartes postales, d’étiquettes de produits divers comme les fromages en portions ; on trouve dans son antre de Bocca Sahnoun des cartes de jeu, des casques de soldats du feu et du front, des gamelles (certaines datant de la fin du 19è siècle), des phonographes, des postes radio des années 30 et des milliers d’objets qu’ils sait dénicher dans les « d’lala » de tout le pays.

Hamid qui fête aujourd’hui ses vingt ans, comme l’a précisé sont inséparable ami Ali Dahoumane, se souvient des dures années de la guerre d’indépendance, des brimades des colons et des descentes musclées des soldats français et leurs supplétifs dans la Bocca ; il a assisté à des scènes d’une terrible violence ; il a vécu les premières années de l’indépendance et connu les grandes difficultés qu’ont eu à subir ses aînés ; il a aussi subi l’arbitraire mais il n’en garde pas rancune.

Et c’est pour cette raison, peut-être, qu’il vit aujourd’hui modestement dans son quartier populaire à Chlef, le sourire aux lèvres et le cœur apaisé.  

À mon ami Hamid Dahmani, je souhaite un joyeux anniversaire en espérant écrire, l’année prochaine et à la même date, un hommage appuyé à cet enfant du peuple.

A. L

Abdelhamid, mon papa

Joyeux anniversaire à notre très cher Papa DAHMANI ABDELHAMID ! chaque jour passe à tes cotés est un vrai bonheur, que cette année t’apporte santé, amour et une longue vie entourée de tes enfants qui t’aiment fort. Ta fille Af.af, tous tes enfants, ta femme et toute la famille Dahmani te souhaitent un super anniversaire.

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