L'Algérie de plus près

La grande « zoubia »

Par Hamid Dahmani

Dans son sens premier, le mot « ordure » désigne tous détritus que produisent au quotidien les humains et qu’ils rejettent sous forme de déchets, surtout ménagers. Nous sommes tous unanimes : Il n’y a pas un seul endroit dans notre environnement qui n’est pas souillé par le dépôt anarchique des sacs d’ordures éventrés. On l’observe dans les centres-villes, dans les quartiers, dans les villages et même dans les endroits qui ne sont pas fréquentés. Dans chaque direction où les yeux se tournent, ce sont des montagnes d’immondices qui attendent là pendant des jours avant d’être ramassés. Malgré la présence de dépotoirs à certains endroits et de bennes à ordures dans d’autres ainsi que de conteneurs poubelles déposés par la municipalité dans pratiquement tous les quartiers, les « citoyens » ont pris la fâcheuse habitude de jeter leurs ordures pêle-mêle sur le sol, à tout moment de la journée. Tellement les ordures nous adorent qu’ils ne veulent pas nous fausser compagnie.

La vérité est que lorsqu’on est sale, on est sale pour toute la vie. Jeter les sachets d’ordures n’importe quand, n’importe où, n’importe comment, de façon récurrente, entraine une anarchie dans leur gestion.

Les bennes et les tas d’ordures sont les endroits privilégiés des mendiants et des animaux errants. Il faut savoir que lorsque l’on confie la corvée de dépôt des sachets d’ordures à des enfants, il ne faut pas s’attendre à un travail convenable, ils les jettent carrément à côté de la benne.

Le « zbel » et les odeurs qui s’en dégagent nous ont envahis. Elles nous dérangent et nous mettent mal à l’aise et pourtant, il en est qui affirment que l’argent et les objets de valeurs se trouvent dans les tas d’ordures.

Pinçons-nous les narines et oublions un peu chouia nos tas d’ordures domestiques. En attendant, Je vais vous raconter une drôle d’histoire vécue par un copain qui me l’a raconté il n’y a pas très longtemps. Voilà, me dit-il, un jour de paie, j’ai décidé de faire bombance avec les enfants, alors je suis passé par le marché, j’ai fait le plein de victuailles pour fêter ce jour de paie. Avec deux sachets noirs dans les mains, je suis rentré exténué chez moi, j’ai ouvert la porte et j’ai déposé les sachets à l’entrée du couloir et j’ai couru vers la salle de bain pour me rafraichir. Entretemps, ma femme qui était occupée dans la cuisine héla un des garçons et lui ordonna d’aller jeter les ordures. L’enfant s’exécuta sans demander son reste. Au moment du dîner, la table était garnie comme à l’ordinaire, pas très spéciale. Intrigué, j’ai demandé à mon épouse :

– Tu n’as pas préparé les victuailles que j’ai ramenées avec moi toute à l’heure en rentrant ?

– De quelles victuailles parles-tu homme ? demanda-t-elle. Puis, se rendant compte de sa méprise, elle ajouta : Oh mon dieu, je crois que le garçon a fait une grosse bêtise en jetant les ordures.

H. D.

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