«La dernière escale» de Lounès Ghezali ou l’instant de vérité.
Être là sans l’être, mieux : en s’apprêtant à ne plus l’être. Un défi d’ubiquité privilégié dans la littérature, par des subterfuges intrigants, relevé par certains auteurs en faveur d’une dimension supplémentaire accordée au récit et pour braver les non-dits. Ici, Lounès Ghezali ne s’en prive pas, par le biais d’une femme en état latent de mort.
Pari double, mais qui donne libre cours à la parole, la sienne et celle suggérée des protagonistes à son chevet, donc aux vérités difficiles à entendre, à l’indifférence offensante ou, surtout, à une échappatoire vers le passé sous forme de dialogue intérieur. Avant qu’elle ne tire sa révérence, cette agonisante livre une ultime bataille de mots et d’idées contre ses propres silences et celui définitif de la mort, sur laquelle sa mémoire et sa...








