L'Algérie de plus près

Mois : décembre 2021

Chlawach, l’homme qui murmurait à l’oreille des chats
Les gens

Chlawach, l’homme qui murmurait à l’oreille des chats

J’ai beau essayer de trouver la signification exacte du surnom qu’on lui avait collé. En vain. Pour moi, chlawach signifie le déséquilibré dans le sens large du terme, celui qui n’est pas entièrement sain mentalement ! Pourtant, c’était quelqu’un d’instruit et de très cultivé.  Il faisait partie de la première promotion de ceux qui ont décroché haut la main le certificat de fin d’études durant la période coloniale. Au même titre que mon défunt père puisqu’ils étaient dans la même classe. À l’époque, rares étaient ceux qui avaient l’opportunité de poursuivre leurs études. C’était un bel homme, grand de taille, le teint blanc, les cheveux lisses et brossés vers l’arrière, le visage ovale, les yeux clairs et pleins d’expression, l’allure désinvolte. Il était toujours vêtu très simplement, ...
 » Terre de Dieu « 
Chroniques

 » Terre de Dieu « 

Je viens de terminer la lecture d’un volumineux livre. J’en suis sorti assommé d’une vérité historique des plus inhumaines. « Terre de Dieu (Ardh Allah) », roman historique, écrit en arabe par l’auteur Jordanien Ayman Al-Outoum dans lequel il raconte l’histoire d’un déporté sénégalais musulman en Amérique (USA), puis vendu comme esclave alors qu’il était un érudit. Omar Ibn Saïd avait passé son enfance et sa jeunesse dans un village au Sénégal où il avait appris à lire et écrire en arabe, et a pu même faire des études pour devenir Imam et prédicateur après avoir appris le Coran. Son père était un riche notable du village de Fouta-Toro. A l’âge de 37 ans, Omar Ibn Saïd est pris en otage par des esclavagistes qui le firent embarquer dans un bateau en partance pour l’Amérique. Quelq...
Pr Dalila Nafaï, à propos de la radioprotection : « La législation à elle seule n’est jamais suffisante, il faut de l’implication ! »
Santé

Pr Dalila Nafaï, à propos de la radioprotection : « La législation à elle seule n’est jamais suffisante, il faut de l’implication ! »

La professeure Dalila Nafaï-Boutouchent, spécialiste en médecine du travail, cheffe de service de médecine du travail à l’hôpital Mustapha d’Alger, vient de publier un ouvrage aux éditions Les Presses du Chélif, sur la radioprotection en Algérie. Ce livre est en fait un guide à l’usage des médecins du travail, des radiologues, des praticiens et des chefs d’entreprises utilisant des appareillages et équipements produisant des rayonnements ionisants. C’est le second livre écrit par la spécialiste. Nous l’avons interrogé sur le contenu et l’utilité de cet ouvrage. Le Chélif : Bonjour Professeure. Tout d’abord, quel est l’intérêt d’un guide sur la radioprotection et à quelle catégorie de lecteurs s’adresse-t-il en particulier ? Dalila Nafaï-Boutouchent : Bonjour, tout d’abord permet...
Histoire

Bir Dalmas à Sidi Akkacha : Témoin silencieux des crimes coloniaux

Bir Dalmas (ou puits de Dalmas) est un site naturel de la région de Herrour, relevant de la commune de Sidi Akkacha, au nord de Chlef. Il est l'un des témoins historiques des sacrifices consentis par les chouhadas de nombreuses wilayas du pays, qui demeure à ce jour, silencieux sur les crimes coloniaux. Dalmas est le nom d’un colon qui possédait des terres agricoles et sur lesquels il a creusé un puits. Des chercheurs et des témoins estiment que Bir Dalmas requiert des études et des recherches susceptibles de lever le voile sur les secrets enfouis dans ce lieu, dont les profondeurs portent, à ce jour, les ossements des martyrs de la Révolution. Des habitants de cette région ont de tout temps exhorté les pouvoirs publics d’entamer des travaux pour remon...
Chroniques

C’est terrible et c’est tout

Par Rachid Ezziane « Aujourd'hui des forfaits impossibles sous les Néron se commettent sans qu'on puisse en accuser personne. Les uns ont demandé, les autres ont proposé, les troisièmes ont rapporté, les quatrièmes ont décidé, les cinquièmes ont confirmé, les sixièmes ont ordonné et les septièmes ont exécuté. » Léon Tolstoï – [In : Le salut est en vous] Que dire en ces temps qui courent ? En ces temps moyenâgeux. Que dire de tout ce qui se passe. Sans honte ni retenue. Du matin au soir et chaque jour que Dieu fait. Pas l’ombre d’une décence ni une once de lucidité. Le Big-bang n’aurait pas fait pire… Des femmes qu’on brûle. Des enfants qu’on kidnappe. Des forêts qu’on incendie. Des trains qu’on caillasse. Des conducteurs qu’on tabasse pour obligation d...
Crique d’El Marsa à Aïn Tagouraït : On pêche comme on peut
Sans catégorie

Crique d’El Marsa à Aïn Tagouraït : On pêche comme on peut

Peu de personnes en dehors des gens d’Aïn Tagouraït, l’ex-Bérard de la période coloniale, une localité littorale de la wilaya de Tipasa, connaissent le lieudit « El Marsa ». Située à quelque 15 km à l’Est du chef-lieu de celle-ci et à environ 4 km à l’ouest de Bou Haroun, deuxième site portuaire de pêche à l’échelle nationale après celui de Béni Saf, El Marsa est composée de deux petites anses sablonneuses - dont une seule est régulièrement utilisée par les pêcheurs - séparées par une petite pointe de terre légèrement surélevée, se trouvant à la sortie ouest de la localité précitée. On y accède, à partir de la RN 11 - route du littoral -  par un bout de piste bitumée, étroite et en légère pente, traversant des terrains agricoles depuis quelques années en friche. L'impression...
Ouled Larbi, le douar oublié
Reportage

Ouled Larbi, le douar oublié

Composé de pas moins de 400 âmes éparpillées à travers l’ensemble de son territoire, le douar Ouled Larbi, situé dans la commune de Ténès, au nord du chef-lieu de wilaya de Chlef, est, à première vue, un village oublié, abandonné depuis belle lurette par les décideurs locaux. Les témoignages recueillis auprès de plusieurs habitants de ce douar sont extrêmement accablants et font état, malheureusement, d’une grande désolation et d’une regrettable déception à tous les niveaux. « Notre misérable localité n’a bénéficié à ce jour d’aucun projet de proximité, notamment en ce qui concerne le développement rural intégré, contrairement à plusieurs autres douars de la wilaya. Nous manquons de tout et la vie quotidienne de chacun de nous est faite, depuis des années, de dégoût et de lassitude...
Un café bien serré au numéro 7
Terroir

Un café bien serré au numéro 7

Par Hamid Dahmani Le numéro « 7 » est une adresse d’un estaminet sis Rue des Martyrs, au cœur de la ville de Chlef. C’est un petit café convivial qui réunit chaque matin ses habitués à partir de 7 heures du matin autour du comptoir et sur le trottoir d’en face. Éparpillés par petits groupes, sous l’ombrage des ficus, distanciation Covid-19 oblige, ils dégustent qui son café serré, qui son thé à la menthe. Et comme chaque jour qui se lève, le proprio de la cafétéria ne baisse pas la garde en ces temps où les mesures sanitaires sont de rigueur dans ce lieu public fréquenté à longueur de journée. Ainsi, le flacon de gel est sur les tables et le comptoir, à la portée du client. Ainsi, c’est dans une ambiance amicale que les consommateurs se bousculent à l’intérieur de ce débit de boisso...
Comment devient-on un Allemand ?
Chroniques

Comment devient-on un Allemand ?

Par Rachid Ezziane Beaucoup vont considérer ma question naïve. Ils diront que c’est simple comme bonjour : pour être un Allemand, il suffit de naître Allemand ou, au moins, avoir la nationalité Allemande. Certes, c’est la plus logique des réponses, mais ma question, en vérité, ne parle pas de l’identité géographique. C’est de l’esprit Allemand dont il est question. Aussi de la personnalité Allemande. De cette force vitale qui excelle en tout. Mais l’esprit et la personnalité des Allemands viennent de quelque part. La nature ne donne jamais de cadeau. Encore moins la vie. Quand vous achetez un produit quelconque et qu’on vous dit c’est chinois, vous faites une moue et hésitez à l’acquérir. Certainement que vous serez attiré par son prix. Et n’ayant pas de choix, vous l’ach...
Son échoppe a pour nom « La fleur du Chélif » : Moumene, l’amoureux de la nature
Les gens

Son échoppe a pour nom « La fleur du Chélif » : Moumene, l’amoureux de la nature

Une ville comme Chlef, la ville des oranges, recèle une nature des plus florissantes qui devrait en principe encourager les fleuristes et les pépiniéristes à redoubler d’efforts dans leur domaine de prédilection en vue de la préservation de l’environnement et la participation active à l’embellissement des vitrines et façades du centre-ville et de la capitale de la vallée du Chélif. Les fleurs et les plantes décoratives peuvent aussi être d’un apport économique très important pour la vie locale, notamment pour les pépiniéristes, les cultivateurs, les ouvriers agricoles et les revendeurs. Le kiosque à fleurs appelé « La Fleur du Chélif » est situé au boulevard Émir Abdelkader, au cœur de la ville de Chlef, pas loin du siège de la daïra, de la grande poste et la grande place d...