L'Algérie de plus près

Des rendez-vous scolaires poisseux

Par Hamid Dahmani

Quand on fouille dans sa mémoire, le passé heureux réapparait soudainement avec plein de souvenirs, les uns sublimes, les autres pas très réjouissants. Aujourd’hui, lorsque ma mémoire se réveille sur mon passé, je me souviens alors que je n’étais qu’un adolescent davantage occupé par le jeu que par les études scolaires qui ne suscitaient aucun sentiment dans mon esprit. À vrai dire mes premiers pas à l’école primaire ne se sont pas terminés en fanfare comme l’espérait mon pauvre défunt père. À chaque remise des prix, je rentrais chez moi triste et bredouille. C’était jour de fête à l’école sans moi et c’était les autres camarades, les meilleurs de la classe, qui étaient récompensés. Un fiasco pour l’élève passable que j’étais, même pas un encouragement pour chasser les mécontentements. Un triste palmarès de mauvaises notes et de punitions. Des résultats scolaires très insuffisants en arithmétiques, en histoire et en géo … qui étaient enseignées à cette époque où la langue française dominait les autres langues en termes de taux horaires. Et, comme à chaque trimestre, le livret de composition n’était pas très reluisant quant à l’évaluation de mes compétences.

Le bilan final des examens de sixième et de cinquième ont été un échec cuisant pour moi et mes parents. Face à tous ces ratages que j’avais accumulés et qui m’ont valu la foudre du paternel qui n’a jamais accepté toutes mes déconvenues. Mon père est resté fâché avec moi, il me répétait chaque fois qu’il croisait mon regard cette phrase : « Dereg wedjhek aaliya ! ». Autrement dit « hors de ma vue et cache ta figure ». Cela a duré plusieurs mois à cause de cette scoumoune répétitive qui me collait à la peau et il refusait d’apposer sa signature en bas du livret scolaire.

Quelques temps après, c’est au tour du certificat d’études primaires de me passer sous le nez. Dans la maison, c’est motus et bouche cousue … pour ne pas alerter le papa ! Il est vrai que ma timidité et mon désintéressement des cours scolaires ne m’ont pas beaucoup aidé dans mes études et mes résultats annuels n’ont rien changé. Fort heureusement, avec un peu de chance je me suis rattrapé dans un concours pour l’accès au collège national des études techniques (CNET). Avec le moral au plus bas et au moment où j’avais perdu tout espoir de réussite, je fus racheté Finalement, à ma grande surprise, sur une liste supplémentaire pour rejoindre le lycée Salem (collège technique) et poursuivre des études techniques.

Durant les trois années que j’ai passées dans cet établissement, mes résultats ont été médiocres… pour ne pas dire catastrophiques ! Le renvoi de l’école se dessinait clairement. La poursuite des études scolaires au collège technique était risquée.

Cependant, j’ai profité de mon passage au collège pour passer mon certificat d’études primaires comme candidat libre. C’est la seule réussite de toute ma vie scolaire. Ma troisième année au collège fut l’ultime et la dernière de mon cursus scolaire. C’est à cette époque que j’ai été convoqué par par le conseil de discipline du lycée. Réunis au réfectoire, les membres de cette instance m’ont annoncé la lourde sanction qui mettra fin à mes études. À l’unanimité, les membres du conseil ont prononcé un blâme, une sanction très lourde qui m’a obligé de quitter le collège. C’était en 1966…

H. D.

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