Par Hamid Dahmani
L’autre jour, près du marché de Chlef, une personne que je ne connaissais pas est venue m’accoster alors que j’étais attablé avec une tierce personne dans un café en train de papoter des tracas quotidiens de la vie. Le bonhomme s’est présenté comme étant Untel et qu’il était recommandé par une personne que je connaissais bien, un copain bien introduit dans le domaine des loisirs de la collection des timbres-poste et des objets de brocante comme moi. Aussi, après les salutations et les salamalecs d’usage, j’ai invité le bonhomme à prendre une chaise et à s’asseoir avec nous. On a parlé un peu de notre activité et du monde des hobbies en général ainsi que tout ce qui touche directement les objets rares et recherchés par les collectionneurs.
Lors de notre conversation, j’ai appris que le visiteur se passionne des vieux objets depuis peu et qu’il souhaitait acheter des produits faisant partie des collections que je possédais. Tout au long de notre discussion à bâtons rompus, j’ai appris beaucoup de chose sur ce type qui se disait était intéressé les vieux objets vintage. Nous avons fait un tour d’horizon sur les sujets qui tournent autour de notre passion commune. Mais je fus stupéfait par un mot qu’il glissa au milieu de notre discussion : « Cheikh, t’berez ? ». Sur le moment, je fus pris au dépourvu devant cette question insolite et ce mot que j’entendais pour la première fois. Voyant que je n’avais pas compris le sens de son charabia bizarre, souriant, il inversa alors sa demande plus clairement : « T’bedel cheikh, tu fais échange, produit contre produit ? »
Dans sa définition, « t’berez » chez les animaux est une action de s’encorner ou de se ruer entre deux bêtes. On dit aussi chez les marchands de bestiaux qu’une bête « rahi t’berez » lorsqu’elle commence à courir et sautiller toute seule au milieu d’un champ. Le « tebrez » est un mot qui appartient à la famille des maquignons et qui est en train de poursuivre son petit bonhomme de chemin. Le mot est très prononcé dans le milieu des collectionneurs et dans les souks de ventes de voitures d’occasion qui proposent à leurs pairs le « t’ebrez » qui est un marché entre le vendeur et l’acheteur par un échange de véhicules en plus d’une somme d’argent.
H. D.