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Mexique : sept journalistes tués depuis le début de l’année

Rapporté par plusieurs médias mexicains, notamment El País México, El Universal, La Jornada et Proceso, le meurtre du journaliste Francisco Alejandro Leyva Aguilar, survenu le 22 juillet 2026 dans l’État d’Oaxaca, porte à sept le nombre de journalistes assassinés au Mexique depuis le début de l’année. Ce nouveau crime remet en lumière les risques auxquels sont confrontés les professionnels des médias dans un pays où les violences contre la presse demeurent récurrentes. Malgré les dispositifs de protection et les engagements des autorités, les organisations de défense de la liberté de la presse continuent d’alerter sur la persistance de l’impunité.

Le premier journaliste tué en 2026 est Carlos Leonardo Ramírez Castro, assassiné le 8 janvier dans l’État de Veracruz. Il est suivi de Juan David Gámez Ramos, abattu le 18 mars. Le 2 juin, la journaliste Roxana Berenice Guzmán est enlevée avant d’être retrouvée morte quelques jours plus tard. Le 11 juin, Luis Ángel López Valdez est assassiné à Veracruz, puis Manuel Alejandro Mora Serna est tué le 3 juillet. Le 16 juillet, Josué Martínez Contreras est abattu à Puebla devant son fils, avant que Francisco Alejandro Leyva Aguilar ne soit assassiné le 22 juillet. Plusieurs de ces journalistes enquêtaient sur la corruption, les violences, le crime organisé ou la gestion des autorités locales. Certains avaient également signalé des menaces avant leur assassinat, selon les médias mexicains.

Des enquêtes ouvertes, des résultats encore attendus

À chaque assassinat, les autorités locales et fédérales ont annoncé l’ouverture d’une enquête. Toutefois, plusieurs mois après les premiers crimes commis cette année, la majorité des dossiers n’ont pas encore abouti à des condamnations définitives. Si quelques arrestations ont été annoncées dans certaines affaires, les organisations spécialisées soulignent que les avancées judiciaires demeurent limitées et que les familles des victimes attendent toujours que les responsables soient identifiés et jugés. Cette lenteur est régulièrement pointée du doigt par les défenseurs de la liberté de la presse, qui estiment que l’absence de résultats concrets contribue à entretenir un climat d’impunité.

Les promesses de la présidente Claudia Sheinbaum

À la suite des derniers assassinats, la présidente Claudia Sheinbaum a condamné ces actes de violence et assuré que les autorités fédérales collaboreraient avec les parquets des États concernés afin de faire toute la lumière sur ces crimes. Elle a également réaffirmé l’engagement de son gouvernement à renforcer la protection des journalistes et des défenseurs des droits humains. Ces déclarations interviennent alors que les demandes d’une meilleure coordination entre les autorités fédérales et locales se multiplient.

Les organisations internationales réclament des actes

Pour Reporters sans frontières (RSF), Artículo 19 et la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), la multiplication des assassinats illustre les difficultés persistantes à garantir la sécurité des journalistes au Mexique. Les organisations rappellent que plusieurs victimes avaient déjà signalé des menaces ou bénéficiaient de mesures de protection, sans que celles-ci ne permettent d’éviter leur assassinat. Elles appellent les autorités à accélérer les enquêtes, à lutter contre l’impunité et à renforcer les mécanismes de protection afin d’empêcher que de nouveaux journalistes ne soient pris pour cible.

Le Mexique demeure l’un des pays les plus dangereux au monde pour exercer le métier de journaliste en dehors des zones de guerre. D’année en année, les assassinats se succèdent, tandis que les appels à une protection plus efficace se multiplient. Dans un contexte où la liberté de la presse constitue l’un des fondements de toute société démocratique, une question demeure : jusqu’à quand les journalistes continueront-ils à exercer leur métier au péril de leur vie

Aya Saïb

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