Par Hamid DAHMANI
On dit que le mensonge appelle le mensonge. Aussi, pour connaitre la vérité, il faut toujours suivre le menteur pas à pas jusqu’au seuil de la porte de sa maison. La mode est à la tendance de la comédie ; les songes sont devenus de vrais mensonges et les dadais sont roulés dans la farine.
La vie fonctionne avec les gros bobards. Et chaque jour qui passe livre sont de lot de farces et attrapes. Nombreux sont les gens crédules qui croient et avalent les mensonges débités par de fieffés menteurs ; des trompeurs qui persistent toujours dans leurs grands canulars. Car, se disent-ils, plus le mensonge est gros et plus il passe.
Le mensonge et la vérité sont un couple séparé par le lien de la véracité. Nous vivons à l’ère du mensonge dans toute son étendue, dans sa large et profonde histoire. Les lapins ont envahi la prairie et la menterie fait rage. L’heure est embarrassée par la contrevérité, le mensonge court plus vite que la vérité, il passe et repasse et tout repose sur la dissimulation de la sincérité.
Les nigauds font le terreau du mensonge. Le boniment est un ancien-nouveau métier et une invention de l’homme peu scrupuleux pour leurrer les endormis. C’est la fête du mensonge dans le bled et le poisson d’avril est partout dans le calendrier. Le mensonge est un délit non puni quand il prête à rigolo ou quand il frise le ridicule. Les « avalants » ont la phobie du serpent mais gobent ouvertement des couleuvres.
Mon copain le pêcheur dit « Rih » est un grand souffleur de sornettes. Il affabule si bien qu’il croit dur comme fer à ses balivernes.
Et mon épicier ? alors, là je ne vous dis pas qu’il respire comme il ment lorsqu’il me fourgue ses poissons invendus. L’autre jour, il m’a dit sans rire : « Je suis honnête et sincère dans mon commerce avec mes clients. » Tu parles d’un langage digne d’un présumé « botuliste ».
Notre pêcheur, unique en son genre, nous raconte des sottises à dormir debout. Je sens que le mensonge me prend par les pieds. Les grands orateurs mentent comme Pinocchio. « Comme c’est bizarre, leur nez ne s’allonge pas ? ».
Il y a belle lurette que l’histoire s’est installée dans le pur mensonge. Tous les chemins pavoisés mènent à un petit menteur. Le mensonge à des propriétés d’abrutissement. Il ne faut pas négliger cette maladie hypocrite. Elle se soigne grâce à la potion des quatre vérités… Je vous l’assure !
H. D.