Le droit de dire, la liberté d'écrire

«Bessaha aidkoum ya ness Lesnam»

PAR ALI DAHOUMANE

Je ne peux m’empêcher d’adresser mes vœux à l’occasion de l’Aïd, cette fête très chère aux Algériens. Bien sûr, ces vœux peuvent-être sincères, moins sincères ou franchement pas sincères du tout.

C’est avec beaucoup de sincérité que je souhaite une bonne fête à tous les agents de nettoyage de la ville. Parcourir tous les quartiers de l’agglomération pour ramasser les ordures et assurer l’hygiène et la propreté n’est pas une mince affaire surtout que nous savons que beaucoup de nos concitoyens font preuve d’un incivisme flagrant, à tous ces travailleurs souvent oubliés qui exercent leur métier dans de mauvaises conditions et parfois avec un salaire frôlant l’indécence, je leur dis «Bessaha aidkoum».
Mais alors mes voeux sont moins sincères quand ils s’adressent à beaucoup de commerçants de notre ville qui se comportent comme de véritables vampires durant toute l’année. L’avidité les a transformés en requins, exhibant fièrement leurs longues dents crochues pour saigner à blanc le citoyen aux revenus modestes qui a eu l’audace de rôder dans leurs parages.
Impitoyables durant le mois sacré du ramadhan, ils sont devenus, comme par enchantement, des anges durant la fête de l’Aïd ; on les voit assis aux premiers rangs de la mosquée attendant probablement le pardon de leurs clients.
On ne veut pas de vos «boussates », vous pouvez toujours les vendre si vous parvenez à trouver des acheteurs ou bien mettez-les dans des espaces frigorifiques car vous arrivez à tout conserver dans ces lieux obscures et froids que vous semblez affectionner.
Mes vœux sont sincères et pleins de bons sentiments quand ils s’adressent aux membres de la sureté nationale qui travaillent jour et nuit pour assurer la sécurité des biens et des personnes et, bien entendu, aux militaires qui sécurisent nos frontières et protègent notre pays des nombreuses menaces extérieures, loin de leurs familles et parfois au péril de leurs vies.
À tous ces corps de défense et de sécurité, je leur dis «Bessaha Aidkoum ».
Par contre, mes vœux ne sont pas sincères quand ils s’adressent aux élus de notre ville qui ont réussi le triste exploit de transformer une charmante cité, pleine d’histoire, en un véritable souk où le citoyen a toutes les peines à se frayer un passage au milieu des vêtements et autres marchandises étalés sur les trottoirs.
Je ne dis pas «Bessaha Aidkoum» aux chaînes de télévision algériennes, qu’elles soient publiques ou privées, c’est le même constat et la même désolation. (…)

Je dis «Bessaha aidkoum» aux guichetiers d’Algérie Télécom qui ont su satisfaire les nombreuses demandes et requêtes de leurs usagers, surtout pendant le Ramadhan, sans se départir de leur sourire ; «Bessaha aidkoum » aux fonctionnaires des différents services qui ont répondu favorablement aux nombreuses sollicitations des citoyens avec un calme olympien et sans montrer aucun signe d’énervement surtout en cette période de canicule.
«Bessaha aidkoum» à tous les enseignants qui ont trimé durant toute l’année, à celles et ceux qui exercent ce beau et noble métier, je vous dis «Bessaha aidkoum», n’oubliez pas que tout travail honnête est loué par le seigneur, tout en espérant que la future moisson sera prometteuse.
«Bessaha aidkoum ya ness Lesnam» (ou Chlef), c’est du pareil au même, cette fête doit nous rappeler qu’il y a des gens qui sont dans le besoin et attendent un geste de notre part.
«Bessaha aidkoum ya ness Bocca Sahnoun » tout en espérant que cette fête doit nous montrer nos obligations envers les malades et les personnes âgées.
«Bessaha Aidkoum ya ness el firem». «Bessaha aidkoum ya ness La Cité» même si toutes les larmes versées ne pourront nullement vous rendre les arbres que vous chérissiez et qu’on a abattus stupidement. «Bessaha aidkoum ya ness Medjadja», on aime tant vous rendre visite et écouter ces enfants qui psalmodient à chaude voix les versets du livre sacré car vous incarnez pour nous toujours cette bonne éducation et le respect des traditions.
«Bessaha aidkoum ya Ness Zeboudja» que dieu accepte vos bonnes actions et que cette fête soit l’occasion pour la réconciliation et la fraternité. «Bessaha aidkoum ya ness Oum Drou» en espérant que le bon dieu pardonne nos pêchers et nos actes inconscients. «Bessaha aidkoum ya ness Sendjas», n’oubliez pas de venir en aide à la veuve et à l’orphelin en ce jour béni par le seigneur. «Bessaha aidkoum ya ness Ténès», avoir une ville historique comme la vôtre au sein de notre wilaya constitue un grand honneur pour nous. «Bessaha aidkoum» à tous les Algériens et bien entendu aux musulmans du monde entier.


A. D.

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