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Mehdi Messaoudi, écrivain : « la littérature algérienne est en train de vivre son âge d’or »

Dans cette interview, le romancier et nouvelliste Mehdi Messaoudi partage avec nous sa passion pour la littérature, qui occupe une place très importante dans sa vie. Auteur de plusieurs romans, il nous parle aussi de son aventure dans l’écriture romanesque, de l’édition de ses livres, de son tout dernier nouveau-né et de son regard sur la littérature algérienne.

Le Chélif : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Mehdi Messaoudi : Je suis romancier et nouvelliste. J’ai pour l’instant trois ouvrages à mon répertoire. J’ai aussi publié quelques articles pour le e-magazine littéraire Trait-d’union.

Comment est née votre passion pour l’écriture et la littérature d’une manière générale ?

J’ai toujours été passionné par la littérature même si je souhaitais tout d’abord devenir scénariste et réalisateur. J’avais rédigé un nombre très important de scénarios, mais cet objectif artistique n’a jamais pu se concrétiser. J’ai ensuite décidé de me consacrer à la littérature car cela me paraissait naturel et c’était une voie que j’allais choisir de toutes les manières. Je me suis d’ailleurs rendu compte qu’écrire des nouvelles et des romans me convenait davantage.  

Parlez-nous de vos premiers écrits littéraires.

J’ai fait ma toute première incursion dans la littérature avec la nouvelle intitulée « Au milieu du champ de lavande ». J’ai écrit cette histoire durant l’année 2016 et l’ouvrage est paru au début de l’année 2017. Mon premier roman « Pétri d’amertume » est un drame social sorti en 2018. J’ai eu la chance de le promouvoir et de le dédicacer durant le SILA.

De quoi traite votre dernier roman « De l’autre côté » qui vient de paraître chez les éditions Medias Index. Comment est née l’idée d’écrire ce livre ?

« De l’autre côté » était à l’origine un scénario que j’ai transformé en roman. Son processus d’écriture a été une expérience très enrichissante dans ma carrière. J’ai pu m’immerger dans le passé historique d’Oran et du village dans lequel j’ai vécu : El Kerma. Ce fut une chose vraiment passionnante d’écrire sur l’Algérie au temps de la colonisation. J’ai opté dans ce roman pour une narration à la première personne tandis que j’avais utilisé la narration à la troisième personne pour mes ouvrages précédents. J’ai choisi de me mettre dans la peau d’un parfait antihéros, un français métropolitain qui portait un regard haineux envers les conquêtes de l’empire colonial de son pays. Rémy Ferchaux est un personnage que je qualifierai de désagréable, mais qui a vécu dans un entourage qui a forgé son caractère et sa personnalité. Fils d’un diplomate de droite et d’une mère froide et hypocrite, il n’a pas cessé d’être un spectateur de la décomposition de sa propre famille. Sans oublier qu’il avait pour oncle un véritable psychopathe auteur de quelques exactions en Afrique lorsque ce dernier avait servi dans la Légion étrangère. Rémy est un personnage difficile à aimer, impulsif, imprévisible et mauvaise langue. Cependant, il ne cessera jamais de croire en l’amour et cherchera tout au long de l’histoire à aimer et surtout à être aimé. Et c’est grâce à ce noble sentiment que le lecteur découvrira le côté le plus vulnérable du protagoniste. 

Quel est le message principal que vous voudriez transmettre à travers l’écriture de ce roman ?

Je dirai que rien ne vaut l’expérience personnelle. Car c’est en se rendant de l’autre côté de la Méditerranée que Rémy Ferchaux découvrira l’horreur du colonialisme. Ce qu’il verra lui fera changer sa perception des choses. Il reconnaitra dans son for intérieur la légitimé de la révolution algérienne sans pour autant le crier haut et fort.

Après deux années de rupture, le SILA revient. Quelles sont vos impressions quant au déroulement de cette nouvelle édition ?

Je pense que ça été une belle occasion pour les maisons d’édition et les auteurs de retrouver le lectorat algérien qui avait répondu présent et en nombre durant cette belle édition largement réussie.

Quel regard portez-vous sur la littérature algérienne d’aujourd’hui ?

Je pense que la littérature algérienne devient de plus en plus riche et de plus en plus variée. Beaucoup de jeunes auteurs montrent leur talent et s’imposent. Je dirai même que la littérature algérienne est en train de vivre son âge d’or et qu’elle ne cessera jamais de me surprendre.

Pour terminer, peut-on savoir quels sont vos projets d’écriture immédiats ?

J’ai achevé deux ouvrages et j’ai entamé très récemment l’écriture d’un nouveau roman. Je pense qu’il est trop tôt pour en parler, mais tout ce que je pourrais affirmer c’est qu’il sera très différent des précédents.

Propos recueillis par Rachid Khaldi

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