Le droit de dire, la liberté d'écrire

 « Sans Le Chélif, je me sens déboussolé »

La cessation de parution du journal hebdomadaire régional d’information de proximité « Le Chélif » n’a pas été du goût de ses nombreux lecteurs. En particulier les intellectuels de la région du centre ouest et ceux vivant à l’étranger qui recevaient le journal au format numérique. Le Chélif représentait pour eux une fenêtre ouverte sur l’actualité de leur région.

Les férus de la lecture qui se recrutent surtout parmi les quinquagénaires et les aînés se disent eux aussi pénalisés. Mohammed Ayachine compte parmi les nombreux « mécontents » affectés par l’arrêt du journal. Mohamed, originaire d’El Karimia, est retraité de l’OPGI depuis 2013. Il dit que lorsqu’il était en activité, il lisait le quotidien d’Oran mais pas d’une façon régulière. A la fin de l’année 2013, aux débuts de l’hebdomadaire Le Chélif, Mohamed et un groupe de collègues sont tombés sur ce journal par pur hasard, c’est le titre qui a attisé leur curiosité car il portait le nom de sa wilaya. Depuis cette date, toute une histoire s’est tissée entre M. Ayachine et Le Chélif dont il appréciait énormément le contenu. Notre interlocuteur ajoute qu’il attendait le mercredi avec impatience pour acheter son journal préféré auprès de l’unique kiosque offrant divers journaux en français en l’occurrence kiosque Hamid Khetab. Pour l’anecdote, il lui arrive parfois de réclamer le numéro de la semaine à Hamid Khetab le mardi, soit un jour avant sa parution, tant il était pressé de le lire.

À une question sur le secret de son attachement au Chélif, Mohamed a répondu qu’il a trouvé ses repères dans cette publication, en particulier les chroniques qui traitent de faits s’étant déroulés dans la région et de tous les sujets qui lui rappellent avec nostalgie son enfance et sa jeunesse.

Et de poursuivre : « J’essaie de m’évader de la réalité qui m’entoure  en plongeant le nez dans la lecture de l’hebdomadaire Le Chélif qui nous régalait chaque semaine d’articles racontant la vie d’antan. De plus, ce journal est riche et varié ».

Notre ami dit qu’il apprécie beaucoup les articles de l’écrivain Rachid Ezziane parce que ses écrits portent souvent sur la région d’El Attaf où Mohamed a fait sa scolarité et dont il en garde  de bons souvenirs.

M. Ayachine regrette avec amertume la cessation de la parution de son journal préféré. La première fois, il croyait que c’était dû à un incident technique, une panne qui aurait empêché la confection du journal lorsqu’il ne l’a pas trouvé chez son marchand le mercredi. Aussi, revenait-il chaque mercredi le chercher.  Il n’a pas perdu espoir de retrouver son journal jusqu’au jour où le vendeur lui révéla la terrible nouvelle : le journal a cessé de paraître. La nouvelle l’a sidéré.

« Que vais-je faire maintenant, me suis-je dit, comment vais-je passer mon temps ».

Il est à noter que, depuis ce jour, Mohamed ne lit plus aucun autre journal.

Mostefa Mostefaï

Ils ont dit :

El Hadj Khetab, retraité : « Le Chélif était pour moi une sorte de fenêtre où je pouvais m’informer sur l’actualité de notre wilaya. Vraiment c’est une perte pour les gens de la région notamment les retraités comme moi. »

Maamar Madji, enseignant au lycée d’El Karimia : « A travers l’hebdomadaire Le Chélif, on pouvait avoir une idée sur tout ce que se passe dans nos communes. En plus, il est différent des autres journaux car il regroupe plusieurs rubriques allant du politique à l’histoire en passant par l’économie, la culture sans oublier le sport et la détente qui est ma préférence. Sa cessation est inadmissible et injustifiée. »

2 réponses à “ « Sans Le Chélif, je me sens déboussolé »”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *