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Rejets solides et liquides dans les lits des oueds

Les pollueurs s’en lavent les mains

Peu de temps après son installation à la tête de la wilaya de Chlef, Abdallah Benmansour a engagé une véritable lutte contre la saleté. Le wali a été en effet remarqué l’état déplorable de l’hygiène de la plupart des quartiers de Chlef. Outre les tonnes de gravats et détritus qui jonchent les alentours immédiats de la ville, le responsable a vu que tous les fossés, rigoles, canaux et buses d’évacuation des eaux pluviales étaient bouchés. Il lui a fallu mobiliser l’ensemble des cadres de la wilaya pour des opérations de volontariat tous les samedis. Les agents des entreprises publiques et des communes ont été mobilisés à leur tour pour débarrasser la ville de sédiments de crasse accumulés des années durant.

Pendant plusieurs mois, l’opération de nettoyage s’est poursuivie sans relâche, impliquant de plus en plus de monde. Et de la même manière, de manière quasi-régulière, des mains criminelles continuaient à déverser des tonnes de détritus dans les endroits mêmes que les volontaires venaient d’assainir. C’est le tonneau des Danaïdes. Les uns nettoient, les autres salissent, dans l’indifférence des institutions censées réprimer les délits liés à l’atteinte et la pollution du milieu.

Depuis les crues meurtrières d’Oued Meknassa, il semblerait qu’il y ait eu une prise de conscience aussi bien de la part des gens que des responsables. Un programme de calibrage des cours d’eau, d’aménagement des berges et, surtout, de curage des fossés, buses, canaux et drains. Un travail de titan que les autorités de la wilaya ont engagé cet été, rompant ainsi avec l’habituelle manie d’entamer ce type de travaux récurrents à la saison des pluies ! 

Les nombreuses photos que l’on peut visualiser sur la page Facebook officielle de la wilaya de Chlef montre l’ampleur de la tâche assignée aux entreprises chargées de l’opération : fossés envahis par la végétation, drains bouchés par des tonnes de gravats, avaloirs où s’entassent des boues compactes empêchant l’absorption des eaux pluviales. Pire, le lit de plusieurs cours d’eau sert carrément de dépotoir pour les riverains qui y jettent tout ce dont ils n’ont plus besoin…

Il est inutile de rappeler que ces opérations sont très coûteuses pour la collectivité parce qu’elles mobilisent des effectifs de travailleurs importants et un grand nombre d’engins de travaux publics comme les pelleteuses, les bulldozers ou les camions de gros tonnages. Aussi, il serait approprié de faire en sorte que l’on ne revienne pas à la case de départ dans quelques semaines ou mois en laissant des pollueurs agir en toute impunité.

Dans ce sens, la police de l’environnement, la gendarmerie, la direction de l’Environnement, les services concernés des communes et de la wilaya doivent agir de concert pour traquer et châtier sévèrement tout acte nuisible au milieu naturel comme le déversement des gravats et autres restes de chantier en pleine nature, dans les oueds ou le long des routes de campagne.

Ces autorités se doivent aussi de prévenir ce genre de comportement criminel en installant des plaques signalant les sanctions auxquelles s’exposent les éventuels pollueurs. À l’exemple de la commune d’Oran où tout dépôt de gravats sur le bas-côté des routes est puni d’une peine d’emprisonnement et de mise en fourrière d’une durée de 6 mois du véhicule utilisé pour le délit.

On le fait bien pour inviter les automobilistes à limiter la vitesse ou à ne pas utiliser le téléphone quand ils sont au volant !

Il est sûr et certain que c’est de cette manière –et uniquement de cette manière- que l’on peut mettre fin à ce phénomène de pollution qui tend à se généraliser à travers tout le territoire national, y compris au niveau de la capitale et ce, malgré la présence de toutes les institutions souveraines.

Ali Laïb

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