La cinquième édition du salon du livre Hassiba Benbouali de Chlef, malgré les difficultés rencontrées en amont, a finalement tenu toutes ses promesses. Initialement prévue du 6 au 9 mai, puis reportée du 13 au 16 mai, elle aurait pu perdre de son élan. Pourtant, bien au contraire, cet événement livresque a montré combien la volonté et l’attachement à la culture peuvent triompher des imprévus. Le salon est dédié à l’éditrice Samia Zennadi (APIC Editions) partie trop tôt
Dès l’ouverture, on sentait qu’il ne s’agissait pas d’un simple rendez-vous littéraire, mais d’un véritable moment de partage et de reconnaissance du livre et de ceux qui le font vivre. Plusieurs maisons d’édition avaient répondu présentes, apportant avec elles une diversité d’ouvrages, de voix et d’univers qui ont donné au salon une atmosphère vivante.

Il faut souligner l’implication remarquable des autorités locales. Le wali, le président de l’APC ainsi que le directeur de la Culture et des Arts ont honoré le salon de leur présence lors de l’inauguration, marquant ainsi leur soutien clair à la culture et à la littérature. Leur engagement ne s’est pas limité aux discours. Ils ont participé activement à la prise en charge des invités, offrant aux auteurs et participants des conditions d’accueil bien au-delà de ce qu’ils pouvaient espérer.
Ce geste a profondément touché les écrivains venus parfois de très loin. Dans un contexte où les manifestations culturelles peinent souvent à survivre, voir des responsables locaux soutenir concrètement un événement littéraire donne un véritable espoir. Tous ont exprimé le souhait de voir ce salon s’inscrire durablement dans le paysage culturel et devenir, au fil des années, un rendez-vous incontournable de la littérature de la wilaya de Chlef.

Derrière cet événement livresque, il y a aussi le travail acharné de Ali Laib et de l’equipe organisatrice: Mme Taileb, Ryad Belaïd, Nassira Saïb et Amira Boubecha. Malgré les obstacles et les difficultés rencontrées autrefois, il se sont battus pour que ce salon continue d’exister. Leur persévérance force le respect. Grâce à cette détermination, le public a pu retrouver un espace où les livres circulent, où les auteurs rencontrent leurs lecteurs, où les idées se croisent librement.
Un autre geste mérite d’être salué : afin d’encourager et de remercier les auteurs présents, la direction de la Culture a acheté plusieurs exemplaires des ouvrages de chaque écrivain invité. Une attention symbolique, certes, mais porteuse d’une vraie reconnaissance envers ceux qui consacrent leur temps et leur énergie à l’écriture.
Pendant quelques jours, le livre a retrouvé toute sa place. Les stands animés, les discussions passionnées, les séances de dédicaces, les rencontres improvisées entre lecteurs et auteurs ont rappelé combien la culture demeure un lien essentiel entre les individus.

Le salon ne s’est pas limité aux ventes de livres et aux dédicaces. Des causeries particulièrement marquantes y ont été organisées. Mustapha Hadj Ali a animé une rencontre autour des déportés de Guyane et de Nouvelle-Calédonie, rappelant une page douloureuse et méconnue de l’histoire et ce en présence du président de L’APC. De son côté, Abdelkader Harichene a abordé la question du génocide de Gaza avec profondeur et gravité, suscitant réflexion et émotion parmi l’assistance. L’enseignante universitaire Nassima Taileb et Nassira Saïb, organisatrice de la 5ème édition, ont animé une visioconférence avec des étudiants Ghazaouis, les uns encore sous les bombardements, les autres poursuivant leurs études à l’université Hassiba Benbouali.
Ce salon n’a pas seulement réuni des livres. Il a réuni des volontés, des passions et une même conviction : celle que la littérature reste indispensable à la vie d’une société
Un grand merci aux organisateurs pour l’invitation.
Ferroudja Ousmer
Auteure