L'Algérie de plus près

Agression israélo-américaine contre l’Iran : les prix du pétrole et des carburants s’envolent

Le pétrole demeure au cœur des tensions sur les marchés énergétiques mondiaux une semaine l’agression américano-sioniste contre l’Iran. Certains pays occidentaux, notamment la Grande Bretagne et la France, en mettant leurs bases militaires au service des États-Unis, se sont de facto impliqués dans cette agression aussi injustifiée que contraire au droit international mis place par ces mêmes pays. Conséquence : les cours du pétrole ont franchi la barre des 80 dollars le baril jeudi – son plus haut niveau depuis plus d’un an – avant d’amorcer un repli partiel ce vendredi en début de séance asiatique, suite à une forte hausse liée à l’escalade militaire au Moyen-Orient. Ainsi, le West Texas Intermediate (WTI) a reculé de 1,98 % à 79,44 dollars le baril, après une hausse de 8,5 % lors de la séance précédente, qui avait porté le contrat à 81,01 dollars le baril sur le Nymex. Ce mouvement intervient après une semaine de forte progression : le pétrole brut américain a gagné environ 21 % ces derniers jours. Le prix du Brent, référence internationale pour le pétrole brut dont celui de l’Algérie, a augmenté de 4,93 % jeudi pour atteindre 85,41 dollars le baril en mai, atteignant son plus haut niveau depuis l’été dernier. Le brut algérien considéré comme l’un des plus légers sur le marché mondial, se négocie à 2 dollars au-dessus du prix du Brent.

Attaques contre des pétroliers et paralysie du canal d’Ormuz

La flambée des prix a été alimentée par les craintes concernant la sécurité des voies d’approvisionnement énergétique dans le golfe Persique. Selon les médias d’État iraniens, Téhéran a frappé un pétrolier avec un missile, tandis que les Gardiens de la révolution ont annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, menaçant d’attaquer les navires en transit. Ce canal d’où transitent 20 % de la consommation mondiale du pétrole est géré par l’Iran au grand dam de ses ennemis, en tête les USA. Le trafic de pétroliers via ce canal stratégique d’Ormuz est quasiment à l’arrêt depuis le début des bombardements américano-sionistes contre l’Iran, parfois visant des cibles civiles dont des écoles, des hôpitaux, des cités d’habitation etc. Suite à cela, de nombreux armateurs évitent cette voie maritime en raison des risques sécuritaires élevés.

D’après les analystes des matières premières, le marché pétrolier passe progressivement d’un choc d’offre temporaire à un scénario de risque plus structurel. Ce qui signifie que le prix du pétrole commence à intégrer la possibilité d’une persistance des tensions dans le Golfe persique. « Le pétrole n’est pas qu’une simple matière première, c’est un actif sûr », observe Stephen Innes de SPI Asset Management. « Lorsque les traders voient des pétroliers pris pour cibles directes, la confiance commence à s’éroder », ajoute-t-il. Les agressions militaires et l’autodéfense légitime iranienne dans la région ainsi que les nouvelles attaques contre les infrastructures et les navires commerciaux alimentent l’incertitude quant à la durée des perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les prix des carburants aussi subissent des effets

Parallèlement, la hausse du prix du pétrole brut commence à se répercuter sur les prix des carburants en Europe. Hier jeudi, le prix de l’essence a dépassé la moyenne de 1,70 € le litre dans les stations-service en libre-service, tandis que celui du diesel s’est établi au-dessus de 1,80 € le litre. Le prix du diesel est à son plus haut niveau depuis plus de deux ans depuis le 4 mars 2024, et celui de l’essence à son plus haut niveau depuis trois mois depuis le 5 décembre 2025, selon les observateurs. Face à ces tensions, l’administration américaine responsable de ce chaos, veut rassurer le marché et les armateurs. Le président Donald Trump à qui incombe en premier cette agression et ses conséquences, a annoncé que les États-Unis offriraient sans convaincre, “une assurance contre les risques politiques aux pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz et que la marine américaine pourrait escorter ces navires dans le golfe persique si nécessaire”. Des promesses restées lettre morte. Toutefois, aucun calendrier n’est encore établi pour un retour à la normale. « Je ne souhaite pas m’engager sur une date », a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, expliquant que la situation est évaluée conjointement par le ministère US de la Défense et celui de l’Énergie. Cela dit, tant que le principal corridor pétrolier mondial restera menacé, préviennent les négociants, le marché continuera d’intégrer une prime géopolitique élevée dans les prix du pétrole brut. Voilà ce qui décourage les amateurs.

Effets sur l’économie européenne

Évoquant les effets de la flambée des prix du pétrole sur l’économie européenne, Kaspar Hense, gestionnaire de portefeuille senior, catégorie investissement, RBC BlueBay, a écrit dans une note : “Bien que l’impact inflationniste de la guerre soit considérable, la durée de la hausse des prix du pétrole et du gaz reste incertaine. Il est encore trop tôt pour le dire, et il sera tout aussi prématuré de le savoir le 19 mars, date de la réunion de la BCE.” Même si les prix du pétrole et du gaz se maintiennent à un niveau élevé, alimentant une inflation plus forte – une inflation qui devait initialement passer sous la barre des 2 % avant de dépasser son objectif –, il est peu probable que la BCE relève ses taux d’intérêt d’ici la fin de l’année. Ce choc énergétique aura très probablement un impact négatif sur la croissance, notamment pour l’Allemagne, qui devrait être le moteur de la croissance dans la région cette année, du moins en termes de variation.

R. I.

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