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Après la Grèce, l’Italie va interdire la consommation des viandes équines

« La viande de cheval est interdite par la loi, ce sont des animaux de compagnie » : cette proposition historique, soutenue par deux partis politiques italiens, prévoit des peines de prison allant jusqu’à trois ans et des amendes, rapportent des médias italiens. Les chevaux en passe de devenir des animaux de compagnie : un projet de loi bipartisan au Parlement vise à interdire leur abattage et à instaurer un enregistrement obligatoire ainsi que des sanctions sévères. Le Parlement italien s’apprête à débattre d’un projet de loi susceptible de bouleverser le pays : interdire l’abattage des chevaux, ânes, mules, poneys et les reconnaître comme animaux de compagnie. Cette initiative, soumise à la commission de l’environnement, est cosignée par plusieurs députés. Cette initiative transpartisane vise à dépasser les clivages politiques sur une question éthique et culturelle, a-t-on expliqué.

De la formulation « non Dpa » à la puce électronique obligatoire

Le cœur du projet de loi vise à classer les équidés comme « non destinés à la consommation » (non-DPA), rendant ainsi impossible leur abattage commercial. Mais il ne s’agit pas d’une simple mesure symbolique. La proposition impose un enregistrement obligatoire au Registre national ainsi que l’implantation d’une puce électronique permettant le suivi de chaque animal. Les contrevenants s’exposent à des amendes de 20 000 à 50 000 euros. Ce système a pour objectif de clarifier la situation et de renforcer les contrôles tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

Ces données reflètent une réalité en pleine transformation. Depuis 2012, les abattages ont chuté de façon spectaculaire : de plus de 4 600 têtes à un peu plus de 2 000 début 2025. La consommation de viande de cheval reste limitée : selon un rapport Ipsos publié par Animal Equality Italia, seuls 17 % des consommateurs de viande déclarent en consommer au moins une fois par mois. Il s’agit d’une minorité, tandis que 83 % affirment ne pas en consommer du tout, souvent par compassion pour l’animal. Pressions des associations et enquêtes.

Le précédent grec

Ce processus parlementaire fait suite à des années de campagnes et de pétitions. Matteo Cupi, directeur exécutif de l’ONG « Animal Equality Italy », le qualifie d’« étape politique majeure » et promet de suivre de près chaque phase des débats. L’association a documenté des irrégularités présumées dans plusieurs abattoirs, notamment celui de Zerbini & Ragazzi en Émilie-Romagne, qui a fait l’objet d’une enquête du parquet de Reggio Emilia après une plainte. Ces problèmes critiques soulignent l’urgence d’un arrêt définitif.

Parallèlement, le débat s’étend au-delà des frontières nationales. En 2020, la Grèce a interdit l’abattage des chevaux, créant ainsi un précédent européen. L’Italie pourrait désormais suivre son exemple, mettant ainsi un terme à une pratique ancestrale. La discussion ne fait que commencer, mais l’enjeu est de taille : il ne s’agit pas seulement d’un changement de réglementation, mais d’un choix éclairé.

Reconnaître les équidés comme des compagnons à vie, et non comme des marchandises, implique d’harmoniser la loi avec une prise de conscience collective. L’objectif est clair : mettre fin à l’abattage, garantir leur protection totale et instaurer un respect absolu. La décision revient désormais au Parlement, mais la voie à suivre est sans équivoque.

R. I.

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