Auteure de plusieurs ouvrages, Ouahiba Sadmi Mansous présentera, ce samedi 7 février à la Librairie Ijtihad d’Alger, « Bladi, Bladi », paru aux Editions Talsa. Cette dernière œuvre est riche et pleine d’émotions et de réflexions sur un fléau qui touche de nombreux pays : la migration clandestine. La rencontre sera modérée par Malika Bournane Boilattabi.
L’écrivaine Ouahiba Sadmi Mansous nous transporte cette fois-ci au sud du pays, dressant un portrait émouvant du douar N’goussa, aux environs de la ville de Ouargla, et de la vie de ses personnages principaux : Ali, Mustapha, Blayed, Kella. Elle met en lumière la complexité des réalités quotidiennes, tout en explorant les aspirations de ses personnages issus de milieux défavorisés.
Ouahiba Sadmi Mansous réussit à immerger le lecteur dans leur quotidien. Leur vécu, entre rêves d’émancipation, luttes contre la sécheresse, la pauvreté et la tradition est dépeinte avec réalisme, soulignant la lutte quotidienne pour survivre et préserver ses valeurs. L’amour familial et le sentiment d’attachement à la terre et à la patrie jouent également un rôle central, reflet d’un enracinement profond. La migration clandestine et le rêve d’un avenir meilleur en Europe traduisent l’espoir, mais aussi la désillusion face aux obstacles et aux sacrifices. La sagesse populaire et la capacité de résilience face aux épreuves ponctuent le récit, illustrant la force de la culture locale.
Dans « Bladi Bladi », l’autrice révèle le désir profond de certains personnages de s’affranchir des contraintes sociales et géographiques. Tous rêvent d’un changement. Kella s’installe à Ouargla, réalisant son rêve d’avoir son propre atelier. Ali et Kella s’aiment et, à leur grand bonheur, leurs familles approuvent leur relation. Ils se seraient vite mariés si Mustapha n’avait pas influencé son ami, avec l’idée d’aller à l’étranger. Ali abandonne leur palmeraie, la confiant à Blayed, son père. En France, la vie quotidienne n’est pas un cadeau mais ils doivent s’adapter et travailler sans rechigner et sans se plaindre. Kella manque à Ali qui craint que la distance ne les sépare à jamais. Il songe à rentrer au pays où sa famille et sa fiancée espèrent son retour. Mustapha tient à rester et attend que la chance lui sourit.
La complexité de la nature humaine se révèlent avec les aspirations, les craintes, les forces et les faiblesses de ses jeunes partis à l’aventure. L’autrice Ouahiba Sadmi Mansous nous offre une mosaïque de destins, avec des histoires poignantes où se mêlent rêves, réalités et espoirs, nous invitant à méditer sur la vie, l’avenir et la patrie.
La première publication de l’auteure, intitulée « Amour, Larmes et Gloire », est inspirée d’une histoire vraie où elle raconte l’histoire d’une jeune fille nommée Zoubida qui, apprenant que son père a promis sa main à un autre, décide de fuir avec son cousin Mokrane. Pour vivre leur amour, ils s’enfuient dans le maquis, évitant la honte et la colère de leur famille. Là, ils participent à des missions dangereuses aux côtés de figures historiques telles que Krim Belkacem et Amirouche.
Dans son second roman, « Un sacré bout de femmes », l’auteure se penche sur la condition féminine des années 1980 où Hiba va se battre et imposer sa détermination à étudier, bravant les interdits édictés par son frère. Dans ses œuvres antérieures, la femme occupait une place centrale dans les récits en Kabylie.
Adila Katia