Les parlementaires algériens ont voté mercredi à l’unanimité, une loi qui fait de la colonisation française de l’Algérie de 1830 à 1962 un crime, réclamant des indemnisations et des excuses officielles de l’État français.
Par le passé, plusieurs tentatives dans ce sens ont échoué pour de multiples raisons, notamment internes. Les crimes coloniaux “imprescriptibles”, selon cette loi, concernent les « essais nucléaires », les « exécutions extrajudiciaires », la « pratique de la torture physique et psychologique à large échelle et le « pillage systématique des richesses » du pays, entre autres. Le texte rappelle que l’Algérie souhaite notamment réclamer à la France qu’elle décontamine les sites des essais nucléaires ouverts au Sahara où entre 1960 et 1966, l’État français a procédé à 17 essais nucléaires sur plusieurs sites dans la région qui contribuent jusqu’à l’heure à affecter sinon à tuer des personnes contaminées.
Ce texte dispose qu' »une indemnisation complète et équitable pour tous les dommages matériels et moraux engendrés par la colonisation française est un droit inaliénable pour l’Etat et le peuple algériens ». Selon l’article 9 de la loi, l’Algérie œuvrera « par tous les moyens judiciaires et légaux » à obtenir « cette reconnaissance et ces excuses ». Commentant ce volet, les médias français estiment qu’en dépit de la dimension indéniablement symbolique de la loi, son impact réel sur les revendications de réparations “pourrait être limité”. L’AFP médias a dû faire appel à un “chercheur” d’origine algérienne pour appuyer ses arguments dans ce sens. Le nommé Hosni Kitouni, historien de son état, a estimé que le texte n’a pas de portée juridique, mais « marque un moment de rupture dans le rapport mémoriel avec la France ».
L’Algérie réclame par ailleurs que lui soient restitués l’ensemble des biens transférés hors du pays dont les archives nationales. La loi prévoit d’autre part des peines de prison et une interdiction des droits civiques et politiques pour toute personne faisant l’apologie du colonialisme ou niant sa nature criminelle.
Abbas M.