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Nucléaire en Europe : la proposition du président Macron critiquée par une ONG antinucléaire en France

La proposition lancée par le Président Emmanuel Macron, début mars, d’étendre le rôle des forces nucléaires françaises à d’autres États européens s’est répandue comme un feu de paille, entraînant des commentaires ouvertement dangereux en faveur d’une prolifération nucléaire, s’est alarmée l’ONG anti-prolifération nucléaire ICAN-France. A cette proposition du président Macron, le Chancelier allemand Friedrich Merz s’est dit en faveur d’un “élargissement” de la coopération nucléaire française et britannique.

De son côté, le Premier ministre belge, Bart de Wever, a exprimé le besoin « d’une force de dissuasion européenne crédible qui nécessite des armes nucléaires », tandis que le président polonais Andrzej Duda, a invité les États-Unis à déployer des armes nucléaires dans son pays, la Pologne, a déploré l’ONG. Cette organisation a estimé que la sortie du chef de l’État français a également provoqué “une multitude de réactions très positives” de centres de recherche, souvent proche des pouvoirs, et de personnalités politiques, qui par ignorance ou volonté d’écarter le droit international, a-t-elle dit, “proposent des scénarios qui viendront renforcer la prolifération nucléaire”.

Selon ICAN-France, “croire que des armes de destruction massive seraient la solution aux problèmes de sécurité, devant une Russie autoritaire et des États-Unis en pleine dérive trumpiste, est un illusion”. Évoquant la campagne internationale qu’elle mène depuis des années, “malgré une ambiance médiatique peu favorable”, contre la prolifération , l’ONG a affirmé que celle-ci “est parvenue ces derniers jours à publier en Allemagne, en Écosse, en Finlande, en France, en Italie, en Norvège, en Suède des tribunes démontrant que les partisans de la bombe nous entraînent vers une « mort cérébrale » du Traité de non-prolifération nucléaire et des scénarios de prolifération nucléaire, mettant en péril la sécurité humaine”. Pour elle, le président Macron “surfe sur les sentiments de peur pour poursuivre son projet de faire de la France le premier pilier militaire de l’Union européenne, énoncé dès septembre 2017, et pour affirmer son image de « sauveur » de la France”. Face à cela, l’ONG qui dit ne pas remettre en cause “la nécessité d’un renforcement de la cohérence des forces armées européennes conventionnelles et de l’autonomie stratégique de l’Union européenne”, estime en revanche, que “vouloir garantir la paix par une banalisation de la parole sur l’arme nucléaire est un oxymore dangereux”.

A. M.

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