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Situation des droits de l’Homme au Mali : le gouvernement rejette la note de la Minusma

Le Gouvernement malien a réagi à la note trimestrielle de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali) publiée, le 31 août dernier, sur les tendances des violations et atteintes aux droits de l’Homme et au droit international humanitaire au Mali couvrant la période du 1er avril au 30 juin 2022.

Dans cette note, la MINUSMA a recensé 467 cas de violations des droits de l’Homme (317 civils tués, 73 enlevés/disparus et 77 blessés) et impute certaines de ces violations aux Forces de Défense et de Sécurité du Mali (FDSM). Dans ses observations, le Gouvernement du Mali indique que les « allégations sont très souvent tendancieuses, non recoupées, rapportées selon des témoignages non contradictoires, ne s’appuyant sur aucune preuve tangible et souvent faits sous la menace des groupes terroristes. Elles ont pour objectif de ternir l’image des FDSM et de les discréditer vis-à-vis des populations et de la communauté internationale ».

Dans ses observations, le Gouvernement se réjouit du fait que le document ait été partagé avec les Autorités maliennes au préalable. Cependant, le Gouvernement déplore le fait que la Note de la MINUSMA ignore les progrès remarquables réalisés ces derniers mois par le Gouvernement du Mali dans le cadre de l’amélioration de la situation sécuritaire ainsi que de la protection et de la promotion des droits humains. Selon le gouvernement malien, la Note de la MINUSMA a manqué d’objectivité, de crédibilité et d’équidistance. Pour le Mali, la MINUSMA devrait aller plus loin en menant des investigations plus approfondies au lieu de tenir des allégations erronées et sans fondement.

S’agissant de la lutte contre l’impunité, le gouvernement indique que certaines difficultés jonchent parfois les procédures sur le terrain. « Parmi ces difficultés, nous pouvons citer une certaine lenteur observée, souvent, au niveau de certaines enquêtes ouvertes suite à la perpétration de certains crimes, notamment dans les régions du centre et du nord du pays.

Cependant, en aucune manière cette lenteur ne saurait être due à un manque de volonté politique. Si lenteur il y a, elle s’explique par la complexité du terrain, notamment d’une part, par la situation sécuritaire assez dégradée qui empêche, souvent, les enquêteurs d’évoluer sur les scènes de ces crimes et d’autre part, par l’absence de programme spécifique de protection des victimes et des témoins.

Conscient de cette situation, le Mali a commencé à se doter, progressivement de mécanismes de protection des victimes et des témoins, notamment, à travers certains textes, notamment la Loi n° 2012 -023 du 12 juillet 2012 relative à la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées ; la Loi n°008 du 17 Mai 2016, portant loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et la relecture en cours du code pénal et de la procédure pénale », souligne le gouvernement malien.

En outre, le Gouvernement du Mali note que les «allégations sont très souvent tendancieuses, non recoupées, rapportées selon des témoignages non contradictoires, ne s’appuyant sur aucune preuve tangible et souvent faits sous la menace des groupes terroristes. Elles ont pour objectif de ternir l’image des FDSM et de les discréditer vis-à-vis des populations et de la communauté internationale ».

(….) C’est pourquoi, tous les cas ou allégations de violations signalées font systématiquement l’objet d’enquêtes par les structures nationales compétentes et, le cas échéant, de sanctions contre les auteurs et leurs complices, conformément aux textes en vigueur. Il n’y a et il n’y aura aucune impunité en la matière.

Aussi, sur cette question, il convient de faire remarquer que les accusations de violation des droits de l’homme sont souvent faites sur la base des témoignages des populations qui sont pour la plupart sous la menace des groupes terroristes », indique le gouvernement dans ses observations. Le gouvernement précise que le Mali dispose aujourd’hui d’une armée nationale bien outillée en matière des droits de l’Homme et du droit humanitaire international.

La tension baisse entre Bamako et Abidjan

La tension est baissée entre la Côte d’Ivoire et le Mali après que les autorités de ce dernier pays ont libéré trois soldats (femmes) parmi les 49 militaires ivoiriens détenus à Bamako. Décidée à titre humanitaire mais aussi suite à l’implication des leaders religieux et coutumiers des deux pays, la libération des trois soldates fait croire à la libération des 46 restants, espère-t-on. Fidèle Sarasoro, le directeur de cabinet d’Alassane Ouattara, a ffirmé lors d’une conférence de presse à Lomé que « La Côte d’Ivoire déplore que des manquements et des incompréhensions aient été à l’origine de cet évènement fortement regrettable. Afin d’aplanir les divergences existantes et de contribuer ainsi à la préservation de la paix et la stabilité dans la sous-région, la RCI s’engage à poursuivre de manière transparente et constructive avec le Mali, les échanges et les discussions sur tous les sujets d’intérêt commun ».

Depuis le début des négociations, le Mali a posé deux conditions préalables pour la libération de ces 49 militaires, à savoir que la Côte d’Ivoire s’exprime officiellement des « regrets » dans cette affaire mais aussi que les autorités ivoiriennes mettent à la disposition du Mali tous les ressortissants maliens (des ex-dignitaires soupçonnés dans diverses affaires) qui vivent en Côte d’Ivoire recherchés par la justice malienne. Maintenant que la Côte d’Ivoire reconnaît ses erreurs, la question qui se pose est de savoir si le Président Alassane Ouattara va accepter de mettre à la disposition de Bamako les ressortissants Maliens réclamés.

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