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Son échoppe a pour nom « La fleur du Chélif » : Moumene, l’amoureux de la nature

Une ville comme Chlef, la ville des oranges, recèle une nature des plus florissantes qui devrait en principe encourager les fleuristes et les pépiniéristes à redoubler d’efforts dans leur domaine de prédilection en vue de la préservation de l’environnement et la participation active à l’embellissement des vitrines et façades du centre-ville et de la capitale de la vallée du Chélif.

Les fleurs et les plantes décoratives peuvent aussi être d’un apport économique très important pour la vie locale, notamment pour les pépiniéristes, les cultivateurs, les ouvriers agricoles et les revendeurs.

Le kiosque à fleurs appelé « La Fleur du Chélif » est situé au boulevard Émir Abdelkader, au cœur de la ville de Chlef, pas loin du siège de la daïra, de la grande poste et la grande place de la Solidarité. Pour les passants qui empruntent ce grand boulevard, ce coin fleuri en toute saison est éternellement vert, beau et paisible. C’est un monde de « lumière et de beauté » comme le qualifient beaucoup d’habitants de la ville. Dans cette boutique qui ne ressemble à aucune autre dans la capitale du CentreOuest, Moumene, le propriétaire, vit pleinement sa passion avec ses plantes et se fleurs. C’est un artiste en son genre, comme tous ceux qui vivent du produit de leur art.

Dans cette échoppe de quelques mètres carrés, on y trouve notamment des fleurs de toutes les variétés et de toutes les couleurs. D’ailleurs, les amoureux des fleurs et des plantes des wilayas limitrophes sont contraints de faire des déplacements vers Chlef pour s’approvisionner auprès de l’établissement de Moumene.

Tel père, tel fils ! Cet adage populaire semble s’appliquer à merveille à notre fleuriste Moumene, fils d’un ancien moudjahid, fleuriste professionnel de son état. Il aime les fleurs comme feu son père, mais il fait surtout de la résistance pour perpétuer un métier noble qui, hélas, n’est plus très rentable de nos jours. Malgré les hauts et les bas qui caractérisent cette activité, Moumene veut perpétuer le métier de son père et concilier entre commerce, passion et art. « Mon père a ouvert sa boutique vers les années en 1980. Et, depuis, cette passion qui l’habitait depuis son jeune âge n’a cessé de grandir, le poussant à chaque fois de relever de nouveaux défis. Et il a réussi à faire de ce petit commerce du centre-ville un grand espace de de couleurs et de parfums. Seulement, il faut se rendre à l’évidence aujourd’hui, l’espace est trop petit pour y présenter les fleurs et les plantes qu’on voudrait bien mettre à la disposition de nos clients ». 

Gardant toujours son calme et sa sincérité, notre fleuriste n’a rien perdu de son dynamisme, sa ferveur mais surtout sa disponibilité. Tel un bourdon, il est toujours là à ranger, découper, emballer et arroser ses plantes. C’est le type même du travailleur infatigable, toujours à la recherche de la perfection. « Ce métier m’a appris à respecter l’environnement, à avoir le sens du beau et de l’harmonie, le but est surtout d’attirer l’attention des gens, d’éveiller leur curiosité car l’achat de fleurs est souvent lié à un événement familial, comme les fiançailles, les mariages, les anniversaires… C’est malheureusement loin d’être un acte anodin dans la vie des algériennes et algériens », regrette-t-il. Moumene qui cumule un peu plus une 30 d’années d’expérience en tant que fleuriste a toujours pratiqué ce métier avec amour et dévouement car il a beaucoup appris avec son regretté père. Il continue de le faire car son kiosque est devenu un véritable repère au niveau de la ville de Chlef. En effet, le kiosque « La fleur du Chélif » est couru par toute la population de la ville car on y trouve toujours du nouveau : des fleurs, des plantes d’appartement, des pots en terre ou en plastique, des décorations de jardins… Aucune tendance dans le cercle fermé des fleuristes n’échappe à Moumene qui est à l’affût des nouveautés. C’est grâce à son professionnalisme trempé que Moumene a pu décoller dans son métier. Bien sûr, l’expérience et le dévouement de son père, le défunt Si Djillali, l’ancien moudjahid dit « Kahlouche » a été pour beaucoup dans son apprentissage. Le paternel n’a ménagé en effet aucun effort pour embellir la devanture de sa boutique et de son salon de café moderne. Cela pour offrir aux clients une prestation digne de sa renommée.

Les variétés de fleurs et plantes exposées, leur qualité, leur présentation, l’esthétique des lieux et les prestations fournies aux clients ont grandement fait la réputation de ce petit commerce.

« Offrir une fleur symbolise l’attention, la reconnaissance, l’attachement, l’amour et tous les vœux d’estime pour l’autre », nous dit Moumene. Et de poursuivre : « On offre des fleurs à une maman, à un ami, à une amie, à un malade avec le grand espoir d’une rapide guérison, à une personne proche qu’on estime, à l’occasion d’une fête, d’un succès ou d’un anniversaire ». Il nous dit aussi qu’on peut mettre des fleurs sur la tombe d’un être cher et ce, pour lui souhaiter le Paradis.

Cependant, explique-t-il, la symbolique des fleurs varie d’une société à l’autre. Mais, malgré les différentes interprétations de ces symboles, offrir des fleurs signifie surtout que les sentiments voués à celui à qui on les offre sont particulièrement sincères et viennent du fond du cœur. On dit un peu partout dans le monde que la rose est la reine des fleurs. Mais pas seulement. Chaque fleur a son langage, sa signification, son interprétation. Les fleurs symbolisent l’espoir et les meilleurs vœux.

On dit aussi, les tulipes rouges, comme les roses, symbolisent une déclaration d’amour.

Pour les algériennes et les Algériens, offrir des fleurs ne peut qu’amplifier les moments de joie, de bonheur et de fraternité. L’exemple de notre fleuriste Moumene est à encourager par les autorités locales pour plus d’espaces verts dans la plupart des coins et quartiers de la ville de Chlef.

M. A.

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