Le droit de dire, la liberté d'écrire

FLN, MSP, RND, PT, FFS….

À la reconquête du pouvoir local

Les élections locales du 27 novembre 2021 auront donc lieu avec la participation de l’essentiel des partis politiques agréés. Si, d’emblée, il était prévu que le RCD réitère son refus d’y prendre part, les membres de son conseil national prétextant l’absence de conditions favorables pour la tenue de cette consultation populaire, le FFS, le MSP, le PT et, bien sûr, le FLN et le RND, pour ne citer que ces grosses pointures, entreront dans la compétition.

Les élections locales anticipées auraient pu se tenir en même temps que les législatives, c’est ce qu’avaient espéré plusieurs acteurs et observateurs politiques. Cela n’a pas été le cas pour des considérations tenant à la fois à la situation générale du pays, à la lourdeur de l’opération, à son coût et peut-être même à la difficulté d’assurer la sécurité des urnes et des votants, notamment dans les wilayas de Bejaïa et Tizi Ouzou, sachant l’obstination des irréductibles du mouvement berbériste à s’opposer à toute forme de consultation par les urnes. Maintes fois, ils l’ont démontré en saccageant les bureaux de vote et en empêchant les citoyens de voter par la force. À l’opposition violente à la tenue des élections, s’ajoute le refus d’une partie de la classe politique d’y participer. Ce qui, évidemment, prive une majorité d’habitants de représentants au sein des institutions républicaines élues, en particulier l’Assemblée populaire national et le Conseil de la nation.

C’est justement le principal justificatif de la participation du FFS aux locales du 27 novembre prochain. Dans un communiqué rendu public peu avant la tenue de son conseil national, le parti annonçait ceci : « … les prochaines élections locales devraient être pour nous une opportunité pour prendre le pouvoir local dans les APC et les APW afin d’empêcher les clientèles du pouvoir et les affairistes de torpiller le seul espace démocratique malgré ses limites et les entraves, qui s’offre à la population ».

Du côté du courant islamiste, la tendance générale est pour la participation. Le MSP a tranché dans ce sens, estimant que sa base militante est assez importante, sinon pour rafler la mise dans de nombreuses circonscriptions électorales, du moins pour se positionner parmi les principales forces politiques agissantes. Dans le communiqué rendu public clarifiant sa position sur les locales, la direction du parti indique que « le mouvement poursuivra son combat politique constructif en participant à ces élections locales et ne ménagera aucun effort au service du pays ». Le texte ajoute qu’en dépit de la conjoncture actuelle qui prévaut dans le pays, « le MSP ne cédera pas au désespoir et à la frustration politique, et reste disposé à participer au débat et au dialogue constructifs avec toutes les parties, pour concrétiser le consensus politique au service du pays».

Idem pour le parti Ennahdha qui souligne que « la participation aux échéances électorales est l’occasion, pour les citoyens, de contribuer, d’une manière effective, à l’élaboration des politiques et du processus de prise des décisions relatives à l’intérêt général ». Selon le parti, cette participation « offre l’opportunité aux citoyens de jouer efficacement leur rôle dans la vie politique. Le phénomène d’abstention contribue à la perte de confiance en les responsables et les partis politiques, ainsi qu’à l’absence de programme de sensibilisation et la baisse du niveau d’instruction «.

Partis du « pouvoir » : parachever le processus démocratique »

Bien avant les tergiversations des partis se prétendant de la mouvance démocratique, l’ex-parti unique, le FLN, s’est déterminé dès l’annonce des élections locales par le président Tebboune. Fin août dernier, dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son bureau politique, le FLN a souligné que les prochaines élections locales se voulaient « un parachèvement du processus de représentation démocratique au sein des institutions élues, en vertu des dispositions de la Constitution amendée de 2020 qui consacre les garanties de transparence et de régularité des élections ».

Le parti a affirmé son « opérationnalité à participer à ces élections qui consacrent la volonté du citoyen à gérer ses affaires locales », exhortant tous les acteurs politiques à faire de ces élections « une occasion favorable au lancement d’une concurrence libre et loyale et au bannissement de toute atteinte à ses règles ou à son bon déroulement, en œuvrant à réunir les bonnes conditions susceptibles de permettre au peuple d’exercer sa souveraineté dans le cadre de la loi et dans un climat exempt de doutes et de polémique».

Le FLN a mis en exergue « l’importance du rôle des électeurs et des électrices dans la légitimation des Assemblées locales, à travers l’affluence massive aux bureaux de vote », affirmant son « engagement à contribuer sérieusement à l’humanisation de l’action politique et à l’écartement de l’argent sale, à travers la présentation des meilleurs cadres et compétences à ce rendez-vous électoral ».

À la fin du mois d’août, le Bureau national du Rassemblement national démocratique (RND), qui s’est réuni en prévision des élections locales, a confirmé sa participation à ce qu’il estime être une opération politique devant marquer « une nouvelle étape vers le parachèvement de l’édification institutionnelle et la consécration de la représentation populaire dans les assemblées élues communales et de wilaya ». Le RND a par ailleurs souligné qu’il était disposé à contribuer à « toute démarche visant à moraliser l’action politique, resserrer les rangs, renforcer l’unité nationale et protéger le tissu social de la nation algérienne ».

Les « indépendants », une force à ne pas négliger

Quand bien même ils représentent des tendances disparates, les listes indépendantes pourraient constituer un véritable danger pour les partis structurés, en particulier ceux qui ont dominé la vie politique pendant près d’un quart de siècle. Il est vrai que ces formations ont réussi un retour en force au sein de l’assemblée populaire nationale alors qu’elles avaient été pour la plupart rejetées par la rue pour leur implication directe dans la crise qui affecte à ce jour le pays, tant au plan moral qu’économique et social. Le FLN, le RND et le MSP, partis richissimes, structurées et fortement hiérarchisées avaient raflé la mise lors des dernières législatives, marginalisant davantage la multitude de formations politiques pratiquement inexistantes sur le terrain en dehors des rendez-vous électoraux.

Pour les élections locales, les observateurs s’accordent à dire que la donne sera différente selon les régions. Il y a d’abord le phénomène des « Arouch » qui fait que l’appartenance tribale l’emporte aisément sur les convictions idéologiques ou les programmes politiques. C’est la raison pour laquelle les candidats choisissent de se présenter dans leurs fiefs respectifs et ce, pour de meilleures chances d’être élus. Il y a également la fibre régionaliste qui n’est pas non plus à négliger. L’exemple type de ce type de discours électoraliste est celui développé par la majorité des candidats chélifiens aux dernières législatives, à savoir la construction d’un CHU, l’ouverture d’une faculté de médecine, la promotion des investissements et la création de l’emploi pour « les enfants de la région » …  

Certainement que les mêmes promesses seront tenues à l’occasion de ces locales où il sera question, entre autres, de projets de développement locaux, de logement social ou d’emploi mais jamais de lutte contre l’assistanat, l’esprit rentier et clanique, l’idéologie du beylik ou, plus important, l’instauration d’une démocratie pérenne pour l’émergence des valeurs qui font la grandeur des nations développées. Tout au long de la campagne pour les législatives, aucun candidat ne s’est intéressé à ces questions fondamentales.

L. C.  

ILS ONT DIT

Ahmed Sadok, député, président du bureau de wilaya du MSP à Chlef :

« Les instances du parti ont décidé, après notre dernière réunion du « Madjless Echouri », de participer aux prochaines élections locales anticipées. Nous sommes en train de préparer nos listes de candidats pour l’APC et l’APW. Nous recevons toutes les personnes désireuses de se porter candidats et candidates sur nos listes, une commission a été installée dans ce sens pour réceptionner les dossiers administratifs. Les candidats retenus par le « Madjless Echouri » de wilaya devront rassembler les signatures exigées par la réglementation. Le problème ne se pose pas pour l’APW qui est déjà résolu, contrairement aux signatures pour les APC. Nous espérons être présents dans les 35 communes de la wilaya de Chlef et nous attendrons de l’ANIE joue son rôle. Nous sommes une force politique non négligeable dans l’échiquier politique local et national qu’il faut prendre en considération dans la gestion des APC et APW. Notre objectif dans ces prochaines élections reste l’amélioration de notre présence pour pouvoir influer sur les élections du sénat ».

Mohamed Chenouf, président du bureau de wilaya RND de Chlef :

« Les préparatifs aux prochaines élections municipales de déroulent dans de très bonnes conditions, nous serons présents dans les 35 communes ainsi que l’APW de Chlef, les signatures sont en cours, la commission de sélection des candidats travaille dans ce sens et les membres du parti sont sur le terrain pour la sensibilisation et la récolte des signatures. Chaque militant du RND est en train de faire son travail ».

Abdi Moussa, Mouhafedh du FLN à Chlef :

Au FLN, les préparatifs vont bon train, nous avons engagé un travail de sensibilisation, nous recevons les dossiers de candidatures. Des commissions ont été installées dans chaque commune pour étudier les dossiers. Ceux qui sont retenus doivent réunir les signatures exigées pour se représenter aux élections. Les préparatifs se déroulent dans les meilleures conditions, nous entrerons en force dans élections municipales avec les meilleurs profils dans les 35 communes. Nous travaillons avec nos commissions aussi pour réunir les surveillants qui couvriront le scrutin dans les centres de vote de toute la wilaya de Chlef.

Propos recueillis par Hocine Boughari

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