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Les racketteurs du marché de Hay Bensouna hors d’état de nuire

Les services de la 5ème sûreté urbaine de la ville de Chlef ont mis fin aux agissements et méfaits d’une bande de malfaiteurs qui dictait, depuis des années, sa loi au niveau du marché des fruits et légumes de Hay Bensouna. La bande percevait sous la menace plus d’un milliard de centimes par mois

La bande de malfrats dont les éléments agissaient à visage découvert sans être inquiétés le moins du monde par les autorités, ont fait main basse sur ce marché en rackettant carrément les commerçants installés dans ce lieu, les incitant à payer une taxe journalière calculée sur la taille et la rentabilité de chaque étal. Les récalcitrants et ceux qui osaient protester parmi les commerçants étaient menacés de mort. Il faut dire aussi que beaucoup d’entre ces derniers travaillent dans l’illégalité, d’où leur passivité face aux agissements de la bande de criminelle.

Pour des raisons que l’on peut aisément deviner, cette bande est passée à l’acte dans l’après-midi du 20 décembre dernier, vers 15 h, à l’entrée de ce lieu très fréquenté par les habitants de Chlef eu égard aux prix très raisonnables qui y sont pratiqués. On susurre que certains commerçants auraient refusé de payer la dîme quotidienne, d’où la descente très musclée du groupe de malfrats. Ces derniers, dont on estime le nombre à une dizaine, étaient armés de sabres, de bombes lacrymogène, de gourdins et de couteaux de bouchers, d’après les nombreux témoins. Les truands ont investi le marché pour semer la terreur parmi les commerçants et les clients. Cette action sans précédent a obligé la plupart des commerçants à baisser rideau et d’autres à abandonner leurs étals et s’enfuir, de peur d’être pris à partie par la bande d’énergumènes. Cette descente criminelle n’a pas été sans dégât puisqu’on recense un blessé par arme blanche. Fort heureusement, les policiers sont intervenus rapidement pour secourir les commerçants et les nombreux citoyens qui se trouvaient à l’intérieur du marché. Signalons que l’intervention des services de sécurité n’a pas été sans risque car la bande de malfaiteurs a opposé une forte résistance en menaçant les policiers de leurs armes. Il s’en est suivi alors des affrontements entre les représentants de l’ordre et les éléments du gang, à l’issue de laquelle deux malfrats qui faisaient partie de la bande ont été neutralisés alors que le reste des bandits s’est sauvé. Les deux malfrats arrêtés sont les dénommés A. N. et A. K. Les deux prévenus ont été présentés le 26 décembre devant le procureur du tribunal de Chlef qui les a placés sous mandat de dépôt, sous l’accusation de crimes et délits contre les biens et les personnes et association de malfaiteurs.

Une dîme d’un milliard par mois

D’après nos sources, la majeure partie des commerçants de ce marché payaient à la bande plus d’un milliard de centimes par mois et ce, depuis plusieurs années.

Les citoyens que nous avons interrogés à ce sujet sont unanimes à louer l’intervention des services de sécurité, quand bien même penseraient-ils que l’opération de salubrité publique aurait dû être lancée il y a longtemps.

« N’empêche, estime M. Amari, il était temps que les services de sécurité investissent ce lieu et y mettent de l’ordre car tout le monde a remarqué que le marché des fruits et légumes de Hay Bensouna était géré par une mafia qui avait pignon sur rue dans cet espace mais personne n’osait réclamer quant au laisser-aller qui règne sur les lieux, les nombreux dépassements commis par les  commerçants, le mépris de la clientèle à qui on refile du poison à cause de l’absence de contrôle, de sécurité et de l’hygiène ». Selon ce citoyen, il y a par le passé plusieurs tentatives de réguler ce marché qui sont tombées à l’eau car, accuse-t-il, « les responsables de l’APC ont confié la gestion des lieux -volontairement ou involontairement- à des aventuriers qui ont fait de ce lieu leur affaire privée en complicité avec ces derniers qui ont délaissés leurs responsabilités ».

Le coup de main des services de sécurité a été très apprécié par la population de Chlef, souligne-t-il, indiquant que les commerçants honnêtes installés dans cet espace commercial espèrent que d’autres opérations similaires suivront. « Il faut que ça se fasse ici et dans d’autres lieux commerciaux pour nous débarrasser de cette maffia organisée et ses complices dans l’administration locale qui vivent dans l’impunité depuis des lustres », conclut-il.

Pour M. L. Mebarki, retraité, « ce marché, pour dire vrai, est depuis longtemps délaissé par les services de l’APC de Chlef ; il n’y a ni hygiène, ni sécurité, ni contrôle, certains commerçants ne respectent pas le client et, des fois, par la menace, intiment l’ordre aux acheteurs de prendre le produit proposé et ne lui laissent aucun choix ».

D. Abdelli quant à lui est très remonté contre les élus et les responsables de Chlef : « Nous sommes presque en 2022 et c’est triste que la ville de Chlef, chef-lieu de wilaya, ne dispose pas d’un marché de fruits et légumes digne d’elle. On aurait souhaité que le marché de Hay Bensouna, qui est très fréquenté par la population chélifienne soit réaménagé en un marché moderne avec son parking, cela pour donner un visage plus accueillant pour les clients ». « Malheureusement, ajoute-t-il, nos représentants pensent différemment et ne tiennent pas compte des aspirations de la population ».

Ali Y. nous a déclaré pour sa part qu’il a effectué un tour aujourd’hui dans l’après-midi (dimanche 26 décembre, ndlr) au marché des fruits et légumes de Hay Bensouna. « J’ai constaté effectivement un apaisement sur les visages des commerçants et des clients, mais il reste beaucoup à faire dans ce lieu à savoir l’organisation de ces commerces qui exercent dans l’illégalité pour la plupart ; il faut que l’APC de Chlef prenne ses responsabilités pour gérer cet espace commercial », conclut-il.

Hocine Boughari

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