Les éditions chélifiennes « Les Presses du Chélif », dirigées par Ali Laïb, journaliste professionnel, publient un ouvrage sur les journées mémorables ayant suivi la proclamation officielle de l’indépendance du pays.

Le livre en question comprend plusieurs témoignages dont celui de feu Abdelkader Klouch, qui nous a quittés en 2021, et qui était considéré de son vivant comme la mémoire de la ville d’El Asnam.

Voici un extrait de son témoignage :

« Le 5 juillet, les gens d’El Asnam se sont organisés pour fêter l’événement, chacun a sorti ce qu’il avait de bien… On a même cousu les couleurs de l’emblème national sur les chemises, on faisait des défilés, en darija, «n’diflou». Pour aller d’un endroit à un autre, on «défilait».

Les défilés, ce sont les femmes qui les font, elles portaient leur haïk traditionnel, c’était une marée blanche dans la rue, les gens criaient leur joie, ils n’arrêtait pas de danser dans la rue, ils s’embrassaient sans se connaître, ils s’offraient des cafés, les demeures étaient ouvertes, on offrait les gâteaux secs, le thé, le café, quelquefois la limonade, on ne pouvait se contenir, on débordait de bonheur comme le lait sur le feu, la joie était intense…

D’autres citoyens témoignent. Djilali Badni, moudjahid, ex-condamné à mort, a déclaré qu’il ne s’attendait pas à vivre ce jour. Condamné à la peine capitale pour « activités subversives », possession d’explosifs et collecte de fonds (il fut arrêté en possession de 50 bâtons de dynamite, 7 détonateurs et 8 mètres de mèche lente) et constitution de cellules terroristes, ce natif d’Ouled Ben Abdelkader a indiqué ceci : « Le jour de l’indépendance restera à jamais gravé dans ma mémoire car je ne m’attendais pas à ce que je reste vivant après la condamnation à mort requise à mon encontre. C’était pour moi une véritable résurrection ».

Pour Kamel Bouchama, militant nationaliste et ex-ministre, la célébration du premier jour de l’istiqlal était « un spectacle inédit et peut-être jamais espéré».

ISTIQLAL, 5 juillet 1962. Témoignages sur les folles journées de l’indépendance. Ed. Les Presses du Chélif. Juillet 1962. Prix public : 500 DA

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