Alors que l’économie du territoire palestinien occupé a progressé de 7,1% en 2021, après une contraction de 11,3% en 2020 à la suite de la pandémie de Covid-19, la pauvreté et le chômage perdurent, faisant vaciller l’économie palestinienne, a annoncé ce mercredi une agence des Nations Unies.

Le dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) sur son programme d’assistance au peuple palestinien montre que la pauvreté s’est aggravée. Les dernières données indiquent que 36% de la population palestinienne vit sous le seuil de pauvreté. Parallèlement, l’insécurité alimentaire est passée de 9 à 23% en Cisjordanie et de 50 à 53% à Gaza. Dans le même temps, le chômage est resté élevé en 2021. Dans tout le territoire palestinien occupé, il a été de 26%. Mais à Gaza, plus de la moitié de la main-d’œuvre est sans emploi et 83% des salaires des travailleurs sont inférieurs au salaire minimum.

Gaza soumis à un blocus complet depuis 2007

De plus, l’inactivité creuse le fossé entre les sexes. Si les femmes palestiniennes se targuent d’avoir un meilleur niveau d’éducation que les hommes, à la fin de 2021, 54% d’entre elles étaient au chômage, contre 30% des hommes.

Ces chiffres inquiétants sur le chômage des Palestiniens interviennent alors que depuis 2007, Gaza est soumise à un blocus complet qui a vidé son économie de toute substance. Elle a subi plusieurs opérations militaires qui ont dévasté une grande partie de ses infrastructures et contraint 80% de sa population à dépendre de l’aide internationale.

Selon la CNUCED, Gaza est pris dans un cercle vicieux perpétuel où les interventions de la communauté internationale et des donateurs se limitent généralement à des activités humanitaires et de réhabilitation apportée dans l’urgence, laissant peu de ressources pour un redressement durable et une réponse aux besoins de développement à long terme.

L’un des déficits commerciaux le plus élevé au monde

Par ailleurs, le rapport indique que la capacité du gouvernement palestinien à répondre efficacement au choc de la Covid-19 a été entravée systématiquement du fait de l’occupation qui le prive des outils politiques et de l’espace fiscal et monétaire dont disposent les autres gouvernements. Le rapport prévient que si le statu quo est maintenu – avec une occupation persistante et une baisse du soutien des donateurs -, la croissance du PIB aura du mal à suivre la croissance de la population.

Cette situation impliquerait, au mieux, une stagnation du PIB par habitant et la persistance d’un chômage et d’une pauvreté élevés.  Il en résulte une dépendance à l’égard des importations et des exportations limitées et peu diversifiées : dix produits à forte intensité de main-d’œuvre

Selon la CNUCED, la Palestine affiche « un déficit commercial massif de 37% du PIB en 2021 ». il s’agit de l’un des plus élevés au monde. Celui-ci se manifeste par « une dépendance commerciale vis-à-vis d’Israël, qui représente 72% du total des importations et des exportations palestiniennes cette même année ».

En outre, la puissance occupante contrôle plus des deux tiers des recettes fiscales palestiniennes, dont elle peut suspendre (et le fait souvent) le transfert et/ou applique d’importantes déductions arbitraires avant de transférer le reste.

Disparition du soutien des donateurs

L’impact de la crise fiscale est aggravé par le fait que le gouvernement palestinien ne dispose pas d’une vraie banque centrale, n’émet pas de monnaie nationale, a peu d’accès aux marchés financiers internationaux et a atteint les limites et épuisé les sources d’emprunt nationales fiables.

La Palestine doit aussi faire face à « une baisse catastrophique du soutien de la communauté internationale ». En 2021, l’aide totale des donateurs est tombée à 317 millions de dollars, soit 1,8% du PIB, une chute vertigineuse par rapport aux 2 milliards de dollars, soit 27% du PIB de 2008.

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